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448 LA REVUE LYONNAISE nand II (17 septembre 1631), les princes protestants accoururent auprès du vainqueur, pour lui demander les dépouilles du clergé catholique, Il y eut alors une véritable curée des biens ecclésiasti- ques. Ce fut à qui en obtiendrait. Guillaume V,landgrave de Hesse- Gassel, reçut pour sa part, outre Paderborn et Corvey, les pos- sessions de l'abbaye de Fulda, que sa famille convoitait depuis longtemps. Dans la nuit du24 septembre, huitjours après la bataille de Leipzig, l'abbé Jean-Bernard s'était enfui à Hammelbourg, au sud de ses états. A peine fut-il parti, que le colonel-vvaguemestre hessois Mùnchhausen parut devant sa capitale. Le landgrave avait hâte d'en prendre possession. La terreur répandue dans l'Allema- gne catholique par la défaite de Tilly à Leipzig était si grande, que toute la population de Fulda s'était enfuie dans les forêts du voisi- nage, et qu'il restait à peine une douzaine de soldats pour garder la ville. Mùnchhausen n'était venu qu'avec vingt-six cavaliers. C'aurait été assez pour laprendre, s'il en avait connu au juste la situation. Il se borna à sommer la ville de lui payer 60,000 tha- lers. On lui répondit que l'abbé était absent, et qu'on allait le consul- ter. Mïmchhausen attendit vingt-quatre heures, devant les portes, la décision del'abbé ; et Jean-Bernard ayant défendu de rien payer, il retourna à Cassel pour chercher du renfort. Quatre jours après, on vit arriver le duc Bernard de Weimar à la tête de cinq esca- drons de cavalerie hessoise. La situation avait changé. Les bour- geois, revenus de leur panique, étaient rentrés dans Fulda, et en avaient promptement organisé la défense. Les Juifs eux-mêmes y prirent part. La ville était commandée par un nommé Truchsess, officier plein d'expérience, auquel l'abbé n'avait pas craint de con- fier le sort de sa capitale, bien qu'il fut luthérien. Bernard de Weimar réclama de nouveau les 60,000 thalers. Truchsess refusa. Pendant ce temps, les troupes de l'abbé et un corps de cavalerie bavaroise commandé par le comte Fugger arrivaient au secours de la ville. Bernard de Weimar fut obligé de se retirer, et l'abbé rentra dans sa capitale. Il n'y demeura pas longtemps. Le 16 octobre, le vaincu de Leip- zig, Tilly, arriva. Ayant avec l'abbé Jean-Bernard des liens d'amitié, il était venu plusieurs fois déjà lui rendre visite, entre autres après la victoire qu'il avait remportée, en des temps plus