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444                  LA R E V U E LYONNAISE
les chanoines et les prieurs, tout en les trouvant bons pour les
autres, n'en voulurent point pour eux-mêmes. Garafa avait eu
soin cependant de ne pas leur imposer un retour complet à
l'ancienne règle bénédictine. Ils n'en repoussèrent pas moins sa
réforme, comme ils avaient déjà repoussé celle de Saint-Gall ; ils
demandèrent à être relevés de leurs vœux, et à recevoir des pen-
sions suffisantes pour pouvoir continuer à vivre suivant leur
condition. Gomme le nonce les priait de lui présenter des observa-
tions détaillées, ils demandèrent trois mois pour réfléchir. C'était
un refus déguisé ; le légat leur accorda deux jours. Les prieurs
recoururent à l'abbé ; celui-ci les engagea à obéir. Ils eurent alors
avec Garafa deux ou trois séances particulières; le légat céda sur
certains points, et les prieurs semblèrent accepter les autres; mais
ils étaient bien résolus à ne pas se soumettre aux décrets, et à oppo -
ser à leur application une résistance au moins passive.
    Avant la promulgation, un prêtre de la suite du nonce, Jacques
 Marchant, de Liège, prononça un discours en latin dans l'église de
 l'abbaye. C'est dans ce discours que Fulda est comparé à la statue
  de Nabuchodonosor.
    Le 30 juin 1627, les décrets furent publiés solennellement dans
 l'église de l'abbaye. Un notaire, debout sur le degré le plus élevé
 de l'autel, en donnalecture en présence du légat, de l'abbé, des reli-
 gieux et d'un nombreux public. Le chant du Te Deum termina la
 cérémonie. Le légat retourna ensuite au château, et assista à un
 repas pendant lequel on porta plusieurs toasts selon l'usage alle-
 mand. Carafa resta encore un jour à Fulda, pour résoudre cer-
 taines questions de détail, après quoi il partit.
    Les décrets s'occupaient principalement du culte, de la bi-
 bliothèque, du noviciat, des études, de l'enseignement, de la
 règle. L'ancien trésor de l'abbaye, qui avait compris jadis, entre
.autres, quatre-vingt-dix calices en or, n'existait plus ; il avait été
 pillé en 1552 par le margrave Albert de Brandebourg dans la
 place forte de Sclrweinfurth, où on avait cru le mettre en sûreté.
 Le légat s'occupa de l'acquisition de nouveaux vases sacrés et de
 tout ce qui était nécessaire à l'exercice du culte. La bibliothèque
 se trouvait dans un local humide ; le légat décida qu'on la place-
 rait ailleurs.