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264 UNE VISITE ARCHIÉPISCOPALE
feu, les jugeant beaucoup plus opportuns et plus efficaces
que l'huile du compatissant Samaritain. Pendant dix ans
il parcourut le royaume en tous sens, d'Avignon à Dol, de
Soissons à Bordeaux, de Rennes à ' Tours, à Reims et Ã
Rouen, déposant les intrus de leurs sièges, frappant de
censure les rebelles, excommuniant les simoniaques, ne
souffrant pas un scandale sans répression, une infraction au
droit canon et une doctrine hétçrodoxe sans anathème.
Onze conciles, tenus en moins de six années, témoignèrent
de son activité et de sa vigilance, aux aguets sur les quatre
• points cardinaux, appliquées sans relâche à toutes les
nécessités.
Nous ne nous arrêterons pas à l'énumératiou de ces
diverses assemblées, non plus qu'à l'analyse des discussions
qui y furent engagées et résolues. La tâche nous entraîne-
rait trop loin de notre sujet. Mais il est au moins une de
ces réunions, dont l'intérêt»pour notre diocèse est si immé-*
diat, qu'elle ne saurait être omise sans regrettable lacune.
Elle eut lieu à Autun; les suffragants de la province n'y
parurent pas seuls; on y comptait avec eux des évêques
du centre et du midi. Ee procès du métropolitain, Humbert,
fut instruit des premiers et sa déposition fut la conséquence,
autant de ses aveux personnels que des accusations recueil-
lies contre lui. Les origines de son élévation n'étaient pas
pures; on lui reprochait d'être exclusivement trop préoccupé
à e l'administration temporelle et de négliger les intérêts
surnaturels de la morale et des âmes. Les habitants de Lyon
lui étaient reconnaissants d'avoir bâti, en partie de ses
* deniers, le pont de pierre sur la Saône; on jouit après lui,
grâce à son influence, du droit de battre monnaie qu'il avait
reconquis ou racheté; mais ces services pesaient trop peu,
dans la balance du sanctuaire, contre la foi en péril, le