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                       DE SAINT-IRÈNÉE                      101

 ans après Leydrade, saint Rémy rétablissait les églises de
Saint-Just et de Saint-Irénée, qui n'avaient pas été comprises
dans les restaurations antérieures ou plutôt qui avaient été
restaurées incomplètement.
   Il n'y a pas, à cet égard, de témoignage plus éloquent
que celui du saint pontife lui-même. Il dit en termes exprès
que les églises de Saint-Just et de Saint-Irénée ont été
réduites à un état de ruine et d'anéantissement presque
complet, tellement qu'il est même impossible de les rétablir
dansleur état primitif. Vous avez, il est vrai, été frappé de ce
que ce document attribue cet anéantissement à la négligence.
Cela veut-il dire que cette ruine n'avait pas pour cause
première les ravages des Sarrasins ? Nullement, cela signifie
simplement que saint Rémy blâme un état de choses actuel
et non pas des faits accidentels déjà vieux de près de cent
cinquante ans. Il lui importe peu à lui, évêque, que cette
destruction ait été l'œuvre des ennemis du nom chrétien,
expulsés depuis plus d'un siècle, mais ce qu'il tient à dire,
ce qu'il lui importe de condamner, quoique en termes
adoucis, c'est que le zèle céleste des pontifes, ses prédé-
cesseurs, n'ait pu restaurer, comme ils l'auraient désiré, les
monuments détruits, c'est que lui-même soit encore
impuissant à remettre les choses en leur état primitif, et
cela parce que les biens de l'Eglise sont encore en grande
partie détenus par des étrangers, des laïcs, dont la négligence
pour les choses religieuses (que Dieu leur pardonne
cependant) dont la négligence, dit-il, a réduit nos édifices
sacrés à un anéantissement presque irréparable.
   Ces objurgations du saint évêque sont des plus inté-
ressantes pour l'histoire, car elles prouvent qu'à cette époque
plusieurs des propriétés des églises données par Charles
Martel à ses leudes étaient encore en la possession des
successeurs de ces intrus. C'est contre cet état de choses que