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                              THIMONNIER.                             229
Etienne, où il pensait trouver plus facilement les moyens pratiques de
dresser son mécanisme. Quant à son état, il l'exerce pour le compte
du tailleur Sabatier, dont l'établissement était sur la place Royale.
   Thimonnierétait allé se loger à l'écart, dans cette rue des Forges qui
conserve aujourd'hui encore l'aspect pittoresque des anciens quartiers
plus spécialement affectés aux ouvriers travaillant le fer. Là il se
renfermait moins dans l'atelier où sa profession pouvait donner du
pain à sa famille que dans un petit bâtiment isolé et ignoré de tous.
Malheureusement, le tailleur d'habits ignorait les premières notions
de mécanique, et il lui arriva ce qui arrive, dans le même cas, à une
foule d'inventeurs ou plutôt de chercheurs : il négligea ses affaires,
perdit son crédit, se ruina, et, de plus, s'entendit traiter de /bu Mais
il ne se laissa ni abattre ni décourager, et poursuivit opiniâtrement
ses essais.
   En 1829, il était maître de son idée, et en 1830, il prenait, à la pré-
fecture de la Loire, un brevet d'invention pour une machine à coudre
au point de chaînette.
   A cette époque, M. Beaunier, inspecteur des mines, ayant eu occa-
sion de la voir fonctionner, comprit toute l'importance de la décou-
verte, et emmena Thimonnier à Paris.
   En 1831, la maison Germain Petit et O montait, rue de Sèvres,
pour la confection des vêtements militaires, un atelier de quatre-
vingts machines à coudre, dont la direction était confiée àThimonnier.
Mais, alors, les ouvriers ne voyaient dans les machines que de dan-
gereux instruments de concurrence pour la main de l'homme, et
souvent, à Paris comme â Saint-Etienne, l'émeute les brisait. C'est ce
qui arriva à celles de Thimonnier, dans la capitale de la civilisation .
11 fut même obligé de se cacher,
   Aujourd'hui, les machines à coudre sont devenues l'objet d'un com-
merce important. On en trouve des dépôts dans toutes les villes, et
leurs innombrables systèmes fonctionnent dans l'ouvroir et l'atelier,
dans la mansarde et le salon ; elles répondent, à la fois, à l'utilité et à
l'agrément, et leur ingénieux mécanisme se prête à toutes les façons
d'ouvrages, de luxe ou de nécessité. — Quand on équipe, comme on
l'a fait cette année, des armées formidables, elles livrent en quelques
jours, en quelques heures, des quantités de vêtements qui deman-
daient autrefois des mois entiers pour leur confection partielle, et des
milliers de bras.
   L'émeute de la rue de Sèvres avait été réprimée et avait même