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268               LES BEAUX-ARTS A LYON,

de la ville. Sous le règne de Napoléon III seulement, l'ar-
chitecture produit une Å“uvre monumentale. Mais nous
n'avons pas à juger les oeuvres des artistes encore vivants,
et nous nous arrêtons, dans l'histoire du dix-neuvième
siècle, au règne actuel. Nous le regrettons, car, en pro-
vince, la construction d'un édifice aussi important que le
palais de la Bourse est chose nécessairement très-rare. Et
puis, quelle situation exceptionnelle que celle d'un archi-
tecte à qui on ne marchande pas, sous prétexte de l'éco-
nomie du budget, le terrain dont il a besoin, et qui ne se
voit contrarié, ni dans le choix de ses matériaux, ni dans
le temps qu'il juge indispensable à une bonne construc-
tion ! Combien M. Dardel a été favorisé par la toute-puis-
sante initiative et la haute intelligence de M. le sénateur
Vaïsse 1
   Les architectes dont nous avons à parler ont vécu dans
un temps où l'on ne connaissait pas toute l'élasticité des
budgets, où l'on ne savait pas de quelle ressource peut
être la loi d'expropriation pour cause d'utilité publique.
Si on leur a demandé quelques travaux extraordinaires,
si un théâtre et un palais de justice ont été construits, si,
d'autre part, des églises ont été restaurées, c'est qu'ici la
misérable apparence du lieu du culte attristait les regards
et que là des bâtiments en ruine menaçaient la sécurité pu-
blique. Il faut ajouter que nulle part ils n'ont eu carte
blanche.
   Le théâtre, construit par Soufflot et dont nous avons
précédemment parlé, avait été placé sur l'ancien canal qui
mettait en communication le Rhône et la Saône ; on avait
même, par esprit d'économie, utilisé pour la fondation les
murs retrouvés de ce canal. De là un défaut de solidité
qui se traduisait, en 4827, par d'effrayantes lézardes,
augmentées encore par la mauvaise qualité des matériaux