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HISTOIRE BB CHATEAU DE VARET. 499
ne se reporte pas à ce milieu brûlant dans lequel Guichenon
vivait. A cette époque, on ne savait pas encore mépriser
l'autorité. On lui obéissait, on la respectai!. Guichenon
voyait avee les yeux, de la Cour, non avec ceux de la dé-
mocratie. Peut-être partageait-il de bonne foi les préjugés
qui, en accordant au duc une suprématie puissante sur les
seigneurs, voulaient que charbonnier fût maître et seul
maître chez lui.
Les écrivains frondeurs et démolisseurs , ceux qui
rient des nudités ou des chutes, sont aujourd'hui si
nombreux qu'on croit naïvement qu'ils ont toujours existé, et
qu'on blâme rudement les hommes cauteleux qui se. croient
obligés de couvrir d'un manteau les fautes, les hontes ou
les faiblesses du pouvoir.
« La paix reprenait son cours ; les querelles religieuses
la troublèrent autour de Varey. La Savoie, Berne et Genève
soutenaient les thèses the'ologiques par les armes, le pillage
et l'incendie. Les gens de Berne assiégèrent et prirent le
fort de l'Ecluse; ils commandèrent des vivres à Nantua,
annonçant qu'ils allaient manger des carpes à Bourg :
Burgum concédera carpas. Le pays s'arma, les seigneurs
fortifièrent leurs châteaux. François VT, qui voulait s'empa-
rer de la Bresse et du Bugey, délendit aux Suisses de pas-
ser le Jura ; ils s'arrêtèrent. Cependant, on raconte qu'un
détachement, arrivé par les montagnes d'Aranc et de Corlier,
eut à combattre, dans la vallée d'Oisia, contre les gens de
la seigneurie de Varey venus h leur rencontre, Les hommes
de Varey furent vainqueurs, et en mémoire de ce triomphe,
ils plantèrent, sur le champ du combat, une croix dont le
bois fut pris dans la forêt de Perrucloz. Cette croix, renou-
velée d'âge en âge, existe encore près du hameau de la
Corbatière, dans l'endroit où le chemin du Pont-d'Ain a
Châtillon vient s'unir au chemin de Saint-Jérôme ; on i'ap-