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498                      JACQUES DE VINTIM1LLE.

Vauzelles le vengea en immolant sur son corps un grand
nombre d'ennemis. Mais, si Rhodes perdait chaque jour,
sans pouvoir les remplacer, quelques-uns de ses plus
vaillants chevaliers, le Sultan, de son côté, recrutait cha-
que jour sur le continent ses innombrables armées, et
ramenait des troupes fraîches sur les monceaux de morts
qui encombraient les alentours de la place et les fossés.
Enfin, après une défense qui est demeurée célèbre, après
avoir résisté pendant six mois, non-seulement aux furieux
assauts que Soliman fit donner à la ville sous ses yeux,
mais encore à la famine, à la trahison, aux épreuves de
toutes sortes, le grand-maître, cédant aux supplications
réitérées des Rhodiens, et pour sauver leur ville d'une
destruction inévitable et prochaine, consentit à capituler.
Jamais place de guerre, suivant l'expression de Charles-
Quint, n'avait été plus brillamment perdue. Douze jours
furent accordés aux chevaliers pour évacuer la ville. Le
Sultan, saisi de respect et d'admiration en voyant le petit
nombre des défenseurs de Rhodes et le noble vieillard
qui les commandait, voulut qu'on respectât leur personne
et leurs biens, et fit préparer tout ce qui était nécessaire
pour qu'ils pussent retourner dans leur pays. Mais, moins
généreux que leur souverain, et en dépit de ses ordres,
les janissaires se livrèrent au pillage et commirent des

   «Prends mou épce, je t'en conjure : je ne veux pas qu'un Turc ou un
« autre que toi la possède. »
   Et plus haut :
   At tibi jàm gnatos . . . .
   Commendo, fideique tuae do cuncta ferenda.
   Commendo patriamque mcam, miserosque parentes, etc.
   «Cependant, je te recommande mes enfants, et confie à ton amitié le
soin de tous mes i n t é r ê t s . . . . Je te recommande et ma patrie et ma mal-
heureuse famille. »