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41JG                 L'ANGE DÉCHU.


       Il entend la voix argentine ;
       C'est pour lui comme un doux refrain^
       Le bruit de sa bouche enfantine
       Rappelle celui d'un écrin.

       Il approche, il prête l'oreille,
       Peut-être en aura-t-il pitié ;
       Quant à l'enfant, rien ne l'éveille,
       Sa prière n'est qu'à moitié :

       « Donne, disait-il, à mon père
       Un temps propice à la moisson,
       Donne des enfants à ma mère
       Pour dire avec moi la leçon.

       « Pardonne au pécheur son offense
       Lorsqu'il le demande pardon;
       A l'orphelin sers de défense,
       Au voyageur de compagnon, »

       Ah ! que l'innocence a de charmes !
       Lui qui semblait ne plus sentir
       Ne peut même tenir ses larmes,
       Son cœur est mu de repentir.


       « 0 jours heureux de mon enfance,
       Pourquoi, dit-il, avez-vous fui?
       Jours de bonheur et d'innocence
       Où j'étais aussi pur que lui.