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                         BIBLIOGRAPHIE.                     427
    « D'autres aiguilles à tête ciselée brillent dans sa cheve-
 lure dont elles retiennent l'énorme natte ; sous prétexte d'en
remettre une en place, elle relève un moment son front de
 déesse, et vaguement, au loin, elle promène ses grands yeux
 rêveurs : rêveurs, et soudain ranimés, étincelants comme
les aiguilles dont elle reprend vivement, rougissante et le
 front baissé, le tricotage interrompu.
    « Ah! ah! c'est donc lui, tout là-bas, le promis, le fiancé,
 dont hier soir, à la veillée, elle reçut, heureuse et confuse,
le premier aveu!.. Et elle tricote, tricote, tandis qu'il dispa-
 raît derrière la courbe du coteau. — Dans ce bas, — base
du ménage, — on va pouvoir tantôt cacher deux bonheurs
 et faire tenir les deux dots.
    « Mais il y a beau temps que les noces* sont célébrées !
La jeune fille est jeune femme. Une troupe d'enfants rieurs
se roulent et s'ébattent sur la verte pelouse devant le pas de
la porte. Leur mère, un genou demi-ployé, au chambranle
épaulée, avec le poids du tard-venu au sein contre son bras,
col dégraffé et tablier retroussé, tricote, tricote toujours, en
même concours d'activité et de surveillance , un bas roux
ou gris pour l'un de ses petits, blonds ou bruns, dont elle
suit, souriante et ravie, tous les mouvements prime-sautiers!
    « Comme le Temps fouette sa toupie ! Comme, dans l'illu-
sion du système des jours, le soleil tourne rapidement de
l'orient au couchant! Hymen et baptêmes ont a peine en-
dormi leurs harmonieux frémissements sur la coupe d'airain
de la cloche du village, que le glas funèbre y prend d'au-
torité l'octave de ses notes suraiguës! Déjà ont vibré sept
coups sous le battant de fer, — à contre-coups meurtrissants
dans le cœur de la femme vieillie.
    « Et elle est survivante au seuil de son logis, — ni cam-
brée, ni campée, — lamentablement affaissée sur son esca-
beau avec un petit tas de cendres tièdes sous les pieds, —
la cendre même de son foyer désert !
    « L'époux, le père n'est plus; les fils et les filles sont
également partis pour l'armée, le mariage ou la mort... et la
vieille veuve, abandonnée de tous les siens, est seule de-
meurée, — avec ses cinq aiguilles rouillées dVpleurs, entre
ses dix doigts tremblotants.
    « Elle tricote, tricote tout de même, un bas roux ou
gris, en jetant parfois de côté et d'autre ses regards éteints...