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24fi LES TOMBEAUX, ETC.
brillante à première vue, cette nouvelle illustration a une
valeur égale à nos yeux. Si par noblesse on entend dis-
tinction, n'est-ce pas la plus belle des noblesses que celle
qui résulte de l'élection et du libre choix de ses conci-
toyens ? C'est en consacrant une partie de leur fortune Ã
des travaux utiles et à l'embellissement de la ville, que
nos anciens échevins se recommandaient à la reconnais-
sance de tous, et si leur mémoire est demeurée comme Je
symbole de la probité et de l'honneur, c'est que pour par-
venir aux fonctions consulaires, il fallait allier le mérite
à la vertu, aimer sincèrement son pays et le servir avec
un zèle inébranlable. « On espluche avec tant de soin, dit
« un écrivain du XVIe siècle, la vie de ceux qui aspi-
« rent à ces belles dignitez, qu'il est impossible que
« homme y puisse parvenir qui soit le moins du monde
« marqué de quelque note d'infamie, ressentant dénigre-
« ment de renommée, tant est saincte cette authorité et
« honneur d'eschevinage, que la seule opinion de vice
« peut lui donner empeschement (1). « Que devons-nous
donc penser de ceux qui dédaignent, de nos jours, ce no-
ble berceau de leur famille, et se croient déshonorés,
parce qu'un de leurs ancêtres est arrivé à la noblesse Ã
l'aide de fonctions où l'avait conduit l'exercice honora-
ble d'un commerce ou d'une industrie, dont ils s'efforcent
de cacher le titre modeste ? Oublient-ils donc que la vé-
ritable grandeur réside dans les vertus sociales qui font
les bons citoyens ? Et lorsqu'ils jettent au feules preuves
retrouvées de leur origine, ne répudient-ils pas leurs
plus beaux titres de gloire ?
A. VACHEZ.
(1) Ancien auteur cité par Th. Lavallée. dans son Histoire de Paris,
II, p. 65.