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                HISTOIRE LITTERAIRE DE LYON.          109
         Ici dessoubs gist des Lorrains la gloire,
         Le feu bon roy, le meilleur des vivants,
         Duquel nul temps n'estaindra sa mémoire,
         Tant a été en beaulz faitz florissans.
         Car en vertus estoit resplendissans
         Le vrai mirouer des roys et l'exemplaire ;
         Mais Atropos hydeusc et hors du sens,
         Le nous a mis dessoubs ce territoire.
         Oncq Ciccro n'excéda de loquenee
         Le feu bon roy qui cy gist sous la lame;
         Faconde fut et doué de science,
         Un droit Platon; le vray Dieu ait son âme.
         Hardy estoit et en avoit la famé ;
         Preux Hannibal, en bcaulté Absalon,
         Imitateur de ce preux roy sans blasme,
         Son vray ancestre, Godefroy de Billon.

   3° Guillaume Dubois se nommait aussi Crétin, comme
il nous en avertit lui-même au commencement d'une
épître :
         Le G. du Bois, Alias dit Crétin,
         En plcumetant sur son petit pulpistre,
         A mencité celte présente épistre
         Pour l'envoyer à frère Jehan Martin.

   Ce poète lyonnais vécut sous les rois Charles VIII,
Louis XII et François I er ; il a écrit une Histoire de
France en vers français, commençant à la prise de
Troye et finissant à la secondé race. Mais il est moins
connu par cette histoire que par ses autres poésies qui
lui valurent de pompeux éloges de la part de Marot et de
Geoffroy Thori. Ce dernier n'hésite même pas à le pla-
cer au-dessus d'Homère et de Virgile. Rabelais, supérieur
à son siècle, ne se laissa pas entraîner par cet enthou-
siasme : sous le nom de Rominagrobis et avec autant de
finesse que de justice, il reprocha à Crétin son goût pour
les jeux de mots, les pointes et les équivoques.