page suivante »
BIBLIOGRAPHIE. 87
Telle est la pensée qui vous saisit dès les premiers pas :
in limine libri. Mais, avec les premières étapes de la lec-
ture, l'impression ressentie se modifie singulièrement, et
Ton est tout surpris de trouver du charme et de l'attrait lÃ
où l'on ne pensait rencontrer que la monotonie inséparable
de tout ce qui est catalogue. On est poussé malgré soi dans
cette voie où l'on s'est engage' avec une certaine appréhen-
sion, et l'on arrive au bout avec le regret sincère de l'avoir
trouvée trop courfe. C'est que l'auteur a eu l'art d'e'mailler
cette route aride et nue par que'ques groupes de fleurs dont
Je discret arôme charme le voyageur; il y a distribué cà et
là de frais ombrages et quelques eaux limpides sous la
forme d'anecdotes piquantes , de souvenirs pleins de re-
lief, de réflexions justes, neuves et originales. Il n'en faut
pas davantage pour vivifier une lande uniforme.
Je mets au défi tout Lyonnais sincèrement amoureux de
sa ville et de son territoire, de son terradou, pour employer-
la pittoresque expression provençale que l'auteur cite heu-
reusement dans son parallèle entre Lyon et Marseille, sans
éprouver un intérêt tendre et puissant à suivre ce mémorial
où se retracent, depuis deux tiers de siècle, les personnages
et les événements chers à la cité. On sent que M- Hodieu,
Lyonnais dans l'âme et jusqu'à la moelle des os , intus et in
cute, a mis tout son cœur dans ce travail, et les effluves qui
s'en échappent se communiquent involontairement à ses lec-
teurs. On se prend a admirer le modeste et harmonieux
édifice qu'il a élevé a la gloire de sa patrie, dont il est un des
fils les plus anciens par ses aïeux, puisqu'il peut prouver
sa filiation depuis l'an de grâce 1600. Deux siècles et demi
de roture honorable et sans tache ! C'est beau, par ma foi !
Que de nobles de fraîche date ne pourraient en faire autant !
Aussi, M. Hodieu, mieux que tout autre, était il préparé
à la tâche qu'il a accomplie, par son passé, par ses rela-