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ses m&UiH toutes les branches du pouvoir — législatif, puis-
qu'elle seule a le droit de faire la loi,—judiciaire, les juges
•fîe ses tribunaux ordinaires et extraordinaires sont amovi-
bles, et par conséquent sous une dépendance continuelle.
Que restait-il donc à faire au parlement? Il avait été si
rudement battu pendant les règnes précédents, il s'était prêté
si docilement à tous les caprices des rois, il avait accepté si
servilement toutes les variations du pouvoir, qu'il n'était plus
bon qu'Ã enregistrer les actes du souverain, qu'Ã voter les
subsides qu'on loi demandait; ce n'était plus ce parlement
d'Edward II, où les communes se plaignaient que les pour-
voyeurs prissent toujours sans payer, ni le parlement d'Ed-
ward III, qui proclamait que le concours des chambres était
indispensable pour changer une loi, qui se reconnaissait le
droit de s'enquérir des abus et d'accuser les conseillers du roi,
de discuter les affaires importantes, de traiter de la guerre
et de la paix : ce n'était plus le parlement de Richard II que
les communes forcèrent à chasser son ministre Suffolk, en
lui rappelant qu'elles pouvaient déposer ; non, le parlement
avait perdu le sentiment de sa dignité, et s'il fallait expliquer
cette tutèle humiliante à laquelle il se soumettait alors, j'en
trouverais une des principales causes dans la Réforme. Pour
mon compte, je n'admets pas comme une chose tout-Ã -fait
démontrée que la liberté religieuse enfanta la liberté politi-
que ; c'est un fait évident que la Réforme s'allia, dès sa nais-
sance, Ã toutes les formes du pouvoir. Si, en Allemagne, elle
aida la cause des libertés germaniques, elle favorisa en Suède
la restauration du pouvoir royal; elle s'associa dans le Dane-
mark au triomphe de l'Aristocratie, et dans l'Angleterre elle
créa le despotisme le plus violent et le plus brutal; c'est la
Réforme avec tout ce parlage biblique qu'elle mit à la mode,
avec toute cette puissance et cette richesse qu'elle jeta dans
les mains du roi, avec cette infaillibilité dont elle arma la
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