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royauté et qu'il eut encore mieux valu laisser au pape; c'est la
Réforme, disons-nous, qui détruisit l'ancienne indépendance
du parlement Anglais, et le condamna à la plus complète nul-
lité.
Se hasarde-1-il à demander à la reine de se choisir un
époux ? c'est dans les termes les plus soumis et les plus res-
pectueux, et cependant Elisabeth déclare «qu'il ne convient
pas à des sujets de porter leurs prétentions jusqu'à imposer
quelque chose à une reine indépendante. »
C'était une chambre bien commode, celle qui souffrait que
la reine lui tint ce langage : tous vos votes ne sont que du
vent sans mon consentement; —la reine d'Angleterre ne con-
fiera jamais ses intérêts à des politiques à cervelles de lièvres;
—la reine désapprouve la sottise que vous avez faite de vous
occuper des choses qui sont fort au-dessus de votre enten-
dement.
Il est bien vrai que, de temps en temps, quelques membres
isolés osèrent prévoir que tel ne serait pas toujours le rôle
des représentants d'une nation, et les noms de Wentworth,
de Strickland, de Yelverton, sont des noms chers à la liberté,
mais le souverain avait le droit, en vertu de son omnipotence,
de faire taire des voix qui lui déplaisaient, et plus d'une fois
la prisonfitjustice des paroles indépendantes d'un orateur que
la reine relâchait quand elle le jugeait à propos : une chose
surprenante au premier coup-d'œil, c'est que quarante ans
à peine nous séparent du temps des Hampden, des Pym, des
Selden,des Elliot, ces illustres coryphées du long parlement;
mais ne nous bornons pas à voir les résultats apparents, entrons
dans l'enceinte de ce parlement si humble et si soumis : il
se recrute tous les jours de Puritains qui, malgré leurs excès,
sont les pères de la liberté britannique; l'honneur d'être
élu membre des communes était peu recherché, et avec rai-
son ; les Puritains plus ardents, comme le sont toujours Ses