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284 la reine se recule, le prince se retire, et la comtesse entraîne celui-ci encore plus promptement que la première fois. Cette scène de mystification avait été rapide et pleine de succès. Le collier passa bientôt des mains des joailliers dans les mains du cardinal, et des mains du cardinal dans celles de madame la comtesse. Alors celle-ci se crut assurée de la réussite; elle la célébra par un festin avec ses dignes complices , qui étaient: son mari, le chevalier Reteaux de Villette, la d'Oliva et son amant Toussainl-Baussire. Ensuite, elle ne perdit pas un instant pour faire disparaître les riches débris du collier, ainsi que ses complices. Baussire et d'Oliva partirent pour Bruxelles , Reteaux de la Villette pour la Suisse , et le comte de Lamotte pour l'Angleterre avec la meilleure partie du butin. M me de Lamotte resta seule pour son malheur ; l'au- dace du crime ne réussit pas toujours , cette femme en fit la triste expérience. Tout cet échafaudage de r u s e s , de fausse- tés et de viles manœuvres s'écroula bientôt devant une lettre de remercîments écrite à la reine de France par les joailliers, le 12 juillet 1785. Cette lettre parvint à sa destination , car, peu de jours après, ces derniers eurent audience de la reine. L à , tout se découvrit. La signature Marie-Antoinette de France, apposée en marge du traité , était fausse ; toutes les lettres de la reine au cardinal étaient fausses. Le 15 août, jour de la fête de l'Assomption, jour anniversaire du vœu de Louis XIII, à onze heures et demie du matin, le cardinal Louis de Rohan, grand aumônier de F r a n c e , fut arrêté au moment où il en- trait à la chapelle de Versailles, revêtu de ses habits pontifi- caux. On le conduisit à la. Bastille le lendemain de son arres- tation. La comtesse de Lamotte fut arrêtée dans sa maison de Bar-sur-Aube, au milieu d'une société nombreuse et bril- lante. Le demoiselle Legay d'Oliva fut arrêtée à Bruxelles, et Reteaux de Villette à Genève. On se saisit successivement, pour la même affaire, de Cagliostro , de sa f e m m e , de Feli- c i a n i , d'un baron de P l a n t a , ami du cardinal, du chevalier d'Etieuville, de la marquise de Couville et du baron de Fastel.