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la reine se recule, le prince se retire, et la comtesse entraîne
celui-ci encore plus promptement que la première fois. Cette
scène de mystification avait été rapide et pleine de succès. Le
collier passa bientôt des mains des joailliers dans les mains
du cardinal, et des mains du cardinal dans celles de madame
la comtesse. Alors celle-ci se crut assurée de la réussite;
elle la célébra par un festin avec ses dignes complices , qui
étaient: son mari, le chevalier Reteaux de Villette, la d'Oliva
et son amant Toussainl-Baussire. Ensuite, elle ne perdit pas
un instant pour faire disparaître les riches débris du collier,
ainsi que ses complices. Baussire et d'Oliva partirent pour
Bruxelles , Reteaux de la Villette pour la Suisse , et le comte
de Lamotte pour l'Angleterre avec la meilleure partie du
butin. M me de Lamotte resta seule pour son malheur ; l'au-
dace du crime ne réussit pas toujours , cette femme en fit la
triste expérience. Tout cet échafaudage de r u s e s , de fausse-
tés et de viles manœuvres s'écroula bientôt devant une lettre
de remercîments écrite à la reine de France par les joailliers,
le 12 juillet 1785. Cette lettre parvint à sa destination , car,
peu de jours après, ces derniers eurent audience de la reine.
L à , tout se découvrit. La signature Marie-Antoinette de France,
apposée en marge du traité , était fausse ; toutes les lettres
de la reine au cardinal étaient fausses. Le 15 août, jour de la
fête de l'Assomption, jour anniversaire du vœu de Louis XIII,
à onze heures et demie du matin, le cardinal Louis de Rohan,
grand aumônier de F r a n c e , fut arrêté au moment où il en-
trait à la chapelle de Versailles, revêtu de ses habits pontifi-
caux. On le conduisit à la. Bastille le lendemain de son arres-
tation. La comtesse de Lamotte fut arrêtée dans sa maison
de Bar-sur-Aube, au milieu d'une société nombreuse et bril-
lante. Le demoiselle Legay d'Oliva fut arrêtée à Bruxelles,
et Reteaux de Villette à Genève. On se saisit successivement,
pour la même affaire, de Cagliostro , de sa f e m m e , de Feli-
c i a n i , d'un baron de P l a n t a , ami du cardinal, du chevalier
d'Etieuville, de la marquise de Couville et du baron de Fastel.