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106 sans payer. Arrêtés par les gardes du pont, deux de ces étourdis, Nérin et Dapiano, furent conduits à l'IIôtel-de- Ville et mis au charbonnier (1), où ils restèrent jusqu'au lendemain matin. Transférés de très-bonne heure à la prison de Roanne, ils parurent ensuite devant la prévôté, qui, malgré l'intercession des comtes de Saint-Jean , les jugea sans désemparer, et les condamna à mort. A l'égard de Pierre Sauvage, qui s'était échappé des mains des gardes du pont Morand, arrêté à Bourgoin par la maréchaussée, il fut ramené aussitôt à Lyon 5 mis en jugement le 12, le mal- heureux n'eut pas un sort différent de celui de ses cama- rades, et tous les trois furent exécutés dans la soirée du même jour (2). M. le comte de Glugny, qui s'était adressé à M. le baron d'fzeron, prévôt général de la maréchausr. sée, pour le supplier d'accorder un sursis, et qui croyait fermement l'avoir obtenu, fut d'autant plus surpris de la diligence apportée par le grand prévôt à faire exécuter les deux jugements, que, peu d'heures après, des lettres de grâce, demandées au roi par les comtes de Saint-Jean , arrivèrent de Paris. Ayant rencontré M. d'Izermi, le len^ (1) Le Charbonnier était une petite pièce attenante au corps de garde des ar- quebusiers du Consulat, et qui servait alors de Violon. Ce n'est que depuis la Terreur, que les caves de l'Hôtel-de-Ville ont été employées à recevoir des prisonniers. Le corps de garde des arquebusiers est occupé aujourd'hui par la troupe de ligne de service à l'Hôtel-de-Ville. (2) La condamnation à mort de Sauvage, de Nérin et de Dapiano fut un grand acte d'iniquité. Us avaient passé toute la journée du 1.0 aux Charpcnnes, et ils n'étaientpointen contravention aux deux ordonnances rendues parle Consulat, au sujet des rassemblements formés sur la voie publique et dans l'intérieur de la ville. Le seul tort qu'on pouvait leur reprocher, c'était d'avoir vou!u se sous- traire au payement du passage du pool Morand , et ce tort, assurément fort lé- ger , ne méritait qu'une punition correctionnelle. On est devenu aujourd'hui beaucoup plus raisonnable.