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sans payer. Arrêtés par les gardes du pont, deux de ces
étourdis, Nérin et Dapiano, furent conduits à l'IIôtel-de-
Ville et mis au charbonnier (1), où ils restèrent jusqu'au
lendemain matin. Transférés de très-bonne heure à la
prison de Roanne, ils parurent ensuite devant la prévôté,
qui, malgré l'intercession des comtes de Saint-Jean , les
jugea sans désemparer, et les condamna à mort. A l'égard de
Pierre Sauvage, qui s'était échappé des mains des gardes du
pont Morand, arrêté à Bourgoin par la maréchaussée, il
fut ramené aussitôt à Lyon 5 mis en jugement le 12, le mal-
heureux n'eut pas un sort différent de celui de ses cama-
rades, et tous les trois furent exécutés dans la soirée du
 même jour (2). M. le comte de Glugny, qui s'était adressé
 à M. le baron d'fzeron, prévôt général de la maréchausr.
sée, pour le supplier d'accorder un sursis, et qui croyait
 fermement l'avoir obtenu, fut d'autant plus surpris de
 la diligence apportée par le grand prévôt à faire exécuter
 les deux jugements, que, peu d'heures après, des lettres
 de grâce, demandées au roi par les comtes de Saint-Jean ,
 arrivèrent de Paris. Ayant rencontré M. d'Izermi, le len^


   (1) Le Charbonnier était une petite pièce attenante au corps de garde des ar-
quebusiers du Consulat, et qui servait alors de Violon. Ce n'est que depuis la
Terreur, que les caves de l'Hôtel-de-Ville ont été employées à recevoir des
prisonniers. Le corps de garde des arquebusiers est occupé aujourd'hui par
la troupe de ligne de service à l'Hôtel-de-Ville.
   (2) La condamnation à mort de Sauvage, de Nérin et de Dapiano fut un grand
acte d'iniquité. Us avaient passé toute la journée du 1.0 aux Charpcnnes, et ils
n'étaientpointen contravention aux deux ordonnances rendues parle Consulat,
au sujet des rassemblements formés sur la voie publique et dans l'intérieur de
la ville. Le seul tort qu'on pouvait leur reprocher, c'était d'avoir vou!u se sous-
traire au payement du passage du pool Morand , et ce tort, assurément fort lé-
ger , ne méritait qu'une punition correctionnelle. On est devenu aujourd'hui
beaucoup plus raisonnable.