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demain, sur le pont du Change , M. le comte de Clugny
lui reprocha très-amèrement son manque de parole. Le
baron voulut essayer de se justifier; mais M. de Clugny,
transporté d'indignation, refusa de l'entendre et lui donna
un soufflet. Un duel suivit immédiatement cette scène :
atteint d'un profond coup d'épée, le prévôt général ex-
pira presque sur-le-champ. Une chose encore très-déplo-
rable dans cette triste affaire, ce fut l'insigne faiblesse
de la juridiction de la police qui, en possession par l'édit
de 169g, l'arrêt du conseil de 1702, l'édit de 1705 et
l'arrêt du conseil de 1709, du droit de connaître de tou-
tes les séditions et émeutes populaires, laissa pourtant
agir le prévôt, ce qui n'avait pas eu lieu dans les émeutes
arrivées au collège de la Trinité, à la Grenette et à la
 porte de la salle des spectacles.
    Les journées du i 3 et du î ^ août se passèrent fort
tranquillement; mais le Consulat, trouvant qu'il existait
toujours une sorte de mécontentement et d'indocilité chez
les ouvriers , et prévenu qu'un assez grand nombre d'en-
tr'eux avait pris le parti de s'éloigner d e l à ville, dans
la crainte d'être recherchés par l'autorité, écrivit au com-
mandant du Pont-de-Beauvoisin et à celui du fort l'Ecluse
pour le prier de s'opposer au passage de tous les ouvriers qui
se présenteraient, et de les contraindre par tous les moyens
à revenir à Lyon, afin d'y reprendre leurs travaux. Le
 i 5 , un escadron des chasseurs du Gévaudan, un bataillon
 du régiment de Royal-la-Marine        et le 2e bataillon du
 régiment de La/ère, artillerie, firent leur entrée en ville.
 Les chasseurs à pied et à cheval prirent poste à la Guillo-
 tière, le bataillon d'infanterie s^établit à la Croix-Rousse,
 et le bataillon d'artillerie occupa Vaise. Parmi les officiers
 de ce bataillon , était le jeune sous-lieutenant Bona-