page suivante »
350 LE DOCTEUR ANTOINE BOUCHACOURT
Nommé major de la Charité, notre confrère, montra bien
vite ce qu'on peut attendre de belles facultés qu'un noble
cœur dirige et féconde. Tous ceux qui l'ont vu à l'œuvre
ont admiré sa douceur et son respect pour les malades ; sa
sympathie pour l'infortune se manifestait parfois par le ton
ému de sa voix, comme si le maître eût voulu former en
même temps l'esprit et le cœur de ses élèves.
Quand le chirurgien, d'une main à la fois souple, éner-
gique et sûre, avait conjuré le premier péril, l'homme doux,
patient, au coup d'œil pratique, surveillait les complications
et hâtait la guérison. En un mot, c'était, disent ses anciens
élèves, un chirurgien modèle.
Le professeur n'était pas moins remarquable que Fhomme
de l'art. Par son langage clair et précis, il mettait sa vaste
érudition à la portée de ses élèves, par son élocution
brillante et facile, il les charmait en les instruisant.
Après avoir enseigné successivement Panatomie, la phy-
siologie, il fut chargé de la médecine opératoire, puis de la
clinique chirurgicale, et enfin, en septembre 1856, il suc-
céda à Colrat dans la chaire d'accouchement, qu'il a
occupée jusqu'à l'âge fixé pour la retraite.
Le D r Bouchacourt appartenait à notre Compagnie depuis
le 2 juin 1863. A cette époque il avait déjà une célébrité
bien méritée, et, si l'obstétrique parisienne l'a compté au
début parmi ses élèves, elle aurait pu alors le placer à côté
de ses maîtres les plus distingués. Depuis dix ans déjà , il
était membre de la Société de Médecine de Lyon, qu'il a été
appelé plus tard à présider. Sa réputation avait depuis
longtemps franchi l'enceinte de notre ville.
Les Sociétés de Médecine pratique de Paris, de Gand,
d'Erlangen (Bavière), etc., se l'étaient' déjà attaché comme
membre correspondant. S'il n'a pas écrit de livres, il a