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                    LE COLONEL COMBES                     325

vous être donné de comprendre quelle était la haute portée
de cet homme. C'est au jour du danger, c'est, dans les mo-
ments les plus difficiles, quand tous commençaient à déses-
pérer du salut commun, qu'il fallait admirer le sang-froid,
l'intrépidité, le coup d'œil militaire du colonel Combes.
C'est alors qu'en le voyant, là où le danger était le plus
grand, réparer le désordre, prendre les plus habiles disposi-
tions et relever le moral du soldat, on pouvait apprécier
quelle était la trempe de son âme héroïque.
   « Dans l'ancienne, comme dans la nouvelle armée, il se
montra homme de tête autant que de résolution.
   « A Waterloo, à la tête d'un de ces immortels carrés
de la veille garde, il abandonna le dernier le champ de ba-
taille, où il avait combattu en héros; à Ancône, il fut subli-
me d'énergie ; àlaTama, il sauvait notre faible armée cernée
par des forces décuples.
   « A Constantine enfin, il terminait glorieusement une
glorieuse vie, au moment où l'opinion publique lui assignait
une place parmi nos généraux les plus distingués.
   « Non moins grand citoyen qu'illustre soldat, Michel
Combes resta toujours fidèle à la France et au drapeau sous
lequel il avait combattu. Dans un temps fertile en défections
de honteuse mémoire, il préféra renoncer à une carrière
dans laquelle, bien jeune encore, il avait obtenu de brillants
succès; il préféra, lui qui aimait si passionnément son pays,
un long exil sur la terre étrangère.
   « Aussi, Messieurs, avez-vous compris que son nom était
désormais une des gloires de la France, et que ce nom devait
être transmis à la postérité comme l'un des plus beaux et
des plus purs de nos annales militaires.
  « Au nom du 47 me régiment, au nom de l'armée tout
entière, dont je me permets d'être ici l'interprète, je vous