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2J2                 LE COLONEL COMBES

le fixant de ce regard qui semblait lire au fond de votre
cœur. »
    « Le pauvre jeune homme, totalement intimidé, perdant
la tête, se souvint seulement d'avoir été averti par ses cama-
rades qu'il fallait toujours répondre à l'Empereur sans hési-
tation, dût-on dire une bêtise, et il s'empressa de crier :
    « Quinze pieds, Sire, quinze pieds, » L'Empereur rit
aux éclats à cette réponse, et, pinçant amicalement le bout
de l'oreille du conscrit, passa outre, en se contentant de lui
dire : « Tu ne pourrais pas le porter. »
    Combes eut l'honneur d'être parmi les 500 élèves choisis
pour manœuvrer devant l'empereur avant la bataille de
Wagram.
    « Après le défilé, raconte le colonel Combes, le général
 Bellavène se rendit devant le front du bataillon réuni de
 nouveau, et d'une voix fort émue, nous dit : « L'Empereur
 est très content de vous ; il me charge de vous le témoi-
gner, et c'est pour moi, une bien douce récompense. Par
 son ordre, un dîner a été commandé pour vous tous chez
 Véry. M. le maréchal Duroc est chargé de le présider au
 nom de Sa Majesté. Nous aurons de la joie, mais j'espère
 qu'elle ne sera suivie d'aucun désordre. »
    Plus loin, le narrateur nous entretient de quelques ques-
 tions qui lui furent posées par l'empereur.
    « J'eus le bonheur d'être interrogé par lui sur la nomen-
 clature des pièces de siège et de campagne, sur la portée
 des boulets et sur la confection de la poudre. J'étais ferré
 à glace sur tout cela, et je lui répondis sans hésitation.
 Il m'adressa enfin cette dernière question :
    « Faut-il mettre des gargousses dans les caissons d'infan-
 terie ?
    — Non, Sire, répondis-je.