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DE NOTRE HISTOIRE MILITAIRE 227 le mérite modeste est souvent victime dans cette lutte. Le commandant L'Heureux, aide-de-camp du'ministre, à qui j'ai remis une carte topographique, me disait il y a quelque temps que le Maréchal, piqué de ce que les inspec- teurs généraux lui avaient donné à entendre qu'il devait suivre le tableau dressé par eux, s'en écartait souvent dans le seul but de leur faire voir qu'il prétendait rester libre de ses choix. Les propositions spéciales venues d'Afrique sont, il paraît, les seules qui soient en faveur. Il y en 'a une, je pense, pour moi ; mais les affaires du Maroc ont dû sou- lever des ambitions dans cette partie de l'armée, et, dans l'enivrement d'un succès, les absents peuvent être oubliés. J'ai envoyé au Gouverneur une copie de ma carte ; cette attention lui fera plaisir, et je pense qu'il renouvellera ma proposition. Pardonnez-moi, mon général, de vous entre- tenir si longuement de moi et de mes prétentions; mais si je tiens tant à avoir un régiment, c'est moins, je vous l'assure, par ambition personnelle que parce que j'ai la conscience de le mettre sur un beau pied, et, quand je vois tant de mauvais colonels, je me dis qu'on pourrait cepen- dant faire de meilleurs choix. » Le commandant de Wimpffen remercie Castellane pour « cette épaulette tant ambitionnée et qu'il n'aurait point obtenue sans son bienveillant appui ». Il ne faudrait pourtant pas exagérer la part de l'égoïsme intéressé dans une Correspondance dictée par la gratitude et la persuasion que Castellane portait un intérêt profond aux choses de l'armée. « Mon bon vieux camarade, lui écrit en 1836 le général duc de Mortemart,... je pensais d'autant plus souvent à vous, mon ami, que les troupes qui sortaient de dessous vos ordres étaient celles qui montraient ce fond de discipline qu'on néglige d'une manière si déplorable, si