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184 GEORGES DE CHALLANT gative, en présentant au siège d'Aoste, François de Prez, neveu de l'évêque défunt: peut-être les relations de G. de Challant avec la France l'avaient-elles rendu un peu sus- pect (1). Toutefois, cette impression, si on l'admet, ne dut- elle pas être bien profonde, puisque, vers 1468, le monastère de Saint-Ours ayant été réduit en commende, G. de Chal- lant en devint le premier prieur commendataire. Alors que la mise en commende des monastères corres- pond trop souvent pour eux à une période de décadence, Saint-Ours fut complètement transformé par son nouveau prieur. Pour son habitation et celle des prieurs, ses succes- seurs, il fit-élever à ses frais le bâtiment qui porte encore le nom de Prieuré. Cet édifice, chef-d'œuvre admirable de la Renaissance, comprend un corps principal, avec deux ailes en retour de même importance. Les façades sont décorées d'ornements en terre cuite, fort riches et très purs de style, qui forment les cordons et les encadrements des fenêtres. Les armes du prieur sont peintes dans un cartouche, sur la façade orientale. A l'intérieur, on remarque, au premier étage, une salle revêtue de magnifiques lambris, mais, plus encore, au second étage, une chambre à double voûte ogivale, dont les murs sont couverts de peintures à fresque de toute beauté. Il faudrait pour les décrire, une plume compétente et aussi des limites moins restreintes, mais, le bibliographe a été vraiment heureux d'y retrouver, à quatre siècles de distance, la figure du fondateur : G. de Challant est représenté à genoux devant la sainte Vierge. (1) Cet épisode fort curieux de l'élection de G. de Challant au siège d'Aoste, nous a été révélé par Monseigneur Duc. Sa Grandeur nous permettra de !a remercier de toutes les indications précieuses qu'elle a bien voulu nous fournir, et qui nous ont permis de faire cette étude moins incomplète.