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378                     GUY DE CHAULIAC

   ACrécy comme à Poitiers, la chevalerie française vint se
briser contre ces fantassins retranchés et abrités derrière
des pieux et des palissades, qui décochaient sur elle une
grêle de traits acérés.
   L'infanterie française médiocrement armée et mal
exercée ne put rendre aucun service. Dans ces deux mémo-
rables journées, il n'y eut à proprement parler ni mouve-
ments tournants ni évolutions d'aucune espèce. Le succès
fut la récompense du bon ordre et de l'excellente discipline
des troupes anglaises.
   Toute autre fut, dès le début, la manière de combattre des
Routiers et des Tard-Venus. Peu leur importaient les
moyens pourvu que le but fût atteint. Suivant M. G. Guigue,
l'historien distingué des grandes compagnies que j'ai cité si
souvent, « il est à remarquer que ces bandes refusaient presque
toujours le combat, se contentant de résister lorsqu'elles
étaient à l'abri derrière de bonnes murailles et encore trai-
tant volontiers. Elles n'opéraient guère que par surprise
poussant vivement d'un centre de ralliement convenu des
pointes à de grandes distances pour s'éclairer, piller, ran-
çonner et s'assurer des places de repère de façon à rester
toujours en communication, puis converger par compagnies
ou tous ensemble, s'il y avait lieu, sur un point déterminé
pour tenter de hardis coups de main. »


guerre de Cent ans exagère la supériorité de l'armement des Anglais.
Il critique à tort les lances énormes des Chevaliers français, ignorant
que pour l'ordinaire au moment du combat les hommes d'armes mettaient
pied à terre pour les raccourcir : Froissart appelait cette opération
retailler les lances. Cf. André Steyert. Aperçu sur les variations du costume
militaire dans l'Antiquité et au Moyen Age. Lyon. Louis Perrin, 1857,
figures 21, 22, 23, et la belle gravure du même auteur représentant la
bataille de Brignais dans Allut, loc. cit., page 189.