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3(8 TRAVAUX JJK i/ACADÉMIE.
les greffes de rosiers sur le houx et sur le cassis , pour avoir la
rose verte et la rose noire.
D'autres sont l'œuvre du charlatanisme et trompent l'œil de
l'observateur qui ne peut se douter, quand on lui présente un
jasmin végétant sur un oranger, par exemple, que le tronc de
l'oranger, perforé dans toute sa longueur, livre passage à une tige
de jasmin ayant ses racines en terre. M. Ilénon révèle les diverses
manières dont on produit ces prétendues irrrfîes hétérogènes qui
laissent croire à l'union d'espèces, de familles dissemblables entre
elres, depuis les semis faits dans les cavités de vieux arbres jus-
qu'au passage sous-corlial d'une tige voisine plantée à peu de
distance du prétendu sujet.
Après avoir brièvement résumé tous ces faits, M. Hénon ap-
pelle l'attention de l'Académie sur les essais d'un jardinier lyon-
nais. Ce jardinier, aussi persévérant, aussi entête que certains
alchimistes qui cherchaient la pierre philosophale, l'ait ds cons-
tantes expériences pour parvenir à unir par la greffe des espèces
éloignées, et il prétend être arrivé à ce résultat. Ainsi, M. Ilénon
a vu chez lui le rosier Bengale greffé sur la vigne , la vigne
greffée sur le poirier et sur l'hybiscus de Syrie.
La fortune est loin de sourire à l'inventeur, et la misère qui le
talonne ne peut le décider à divulguer son secret. Il voudrait ce-
pendant en tirer parti et montrer ses greffes en échange d'une
^minime rémunération, mais il ne veut pas les dépouiller complè-
tement des bandelettes et de la paille qui les entourent. Cepen-
dant l'on peut voir le bourrelet produit par l'union du sujet avec
le greffe, et aucune des supercheries énumérées par M. Hénon ne
peut avoir été pratiquée.
Par quel procédé cet homme est-il arrivé à ce résultat? C'est
ce que M. Hénon ne peut expliquer. Il constate le lait, tout en
réservant sa croyance, et en refusant d'admettre l'union possible
par la greffe de plantes qui appartiennent à des familles diffé-
rentes. C. F.