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          LA GUERRE      D'ORIENT.

Nous, de lauriers couvrons les tombes
De ceux que la mort nous a pris.

Car, du sein de ses funérailles,
Au peuple donnant son niveau,
Par la brèche faite aux murailles
Monte le principe nouveau.
Qu'un hymne sauveur retentisse
A l'ombre du drapeau français !
Avec le droit et la justice,
Noble liberté, tu passais !....

Quel grand spectacle pour le monde ,
Poème de l'humanité !
En vain le regard fouille et sonde
Les âges de l'antiquité :
On ne peut rien voir qui t'égale
Dans le plus lointain souvenir ;
Guerre, reste donc sans rivale
Dans le passé, dans l'avenir.

C'est la barbarie expulsée
Des deux grands pays à la fois ;
C'est l'intolérance chassée
Du temple et du palais des rois,
C'est l'heure où le servage expire
Devant l'indomptable progrès,
Qui fait trembler des chefs d'empire
Et les courbe sous ses arrêts.

  Écroulez-vous donc, citadelles,
 Ponts-levis, arsenaux, remparts,
  Et de nos sanglantes querelles
  Repliez-vous, fiers étendards.
- Faites place, antiques barrières,
  Au torrent de l'humanité ;
  Peuples, franchissez les frontières;
  Marchez à la grande unité !