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                          ET DE L'INDUSTRIE.                         20i

 que les grands travaux du plus beau temps d'Athènes ne fu-
rent pas qu'une manifestation spontanée de son génie cédant
à sa vocatiou d'artiste ; ils furent, jusqu'à un certain point,
un expédient dans le goût de la politique moderne, un
moyen d'agir sur la hausse des salaires, de procurer du
travail au peuple , et d'assurer par son bien-être l'ordre
intérieur; et il n'y a aucune inconvenance à comparer à ce
que nous appellerions aujourd'hui des ateliers nationaux
les immortels chantiers que dirigeaient Ictinus et Phidias et
d'où sortirent le Parthénon, l'Odéon et les Propylées.
    De plus, dans ce discours qu'on prendrait pour le com-
mentaire économique d'une pièce d'Aristophane, l'homme
d'État, aussi bien que le poète, nous fait toucher du doigt les
assises vivantes de la société athénienne ! Car, ces artisans,
ces journaliers que l'homme d'État veut enrichir, ces petits
marchands, ces mercenaires dont le poète se raille, ce sont
bien les mêmes Grecs qui ont sauvé la liberté du monde a
 Salamine, qui figurent dans les chœurs religieux, devant
lesquels Phidias rend ses comptes, que nous retrouvons aux
représentations d'Euripide et d'Eschyle, dans la boutique où
 Socrate ne dédaigne pas d'entrer pour répandre les ensei-
 gnements de sa philosophie familière. Ils ont beau posséder
 des esclaves, — les plus pauvres en ont deux, — ils n'en
 travaillent pas moins comme leurs serviteurs, et, au dire de
Xénophon, ils ne s'en distinguent ni par le costume ni par
 le maintien (1).
    Sans doute cette société comportait d'autres zones. Au-
 dessus des professions que nous venons de nommer et qui,


   (1) Xénophon : République d'Athènes, chap. I e1 ' ; Thucydide, liv. n ,
chap. 3 4 : le même Athénien soigne à la lois ses affaires domestiques et
celles de l'Etat; et tel livré à un travail manuel ne manque pas de con-
naissances politiques.