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188 ALLOCUTION DU PRÉSIDENT. Toutefois, si la chaire religieuse a sa mission, la chaire laïque a ses devoirs; elle tend au même but par des moyens divers. Elle aussi, enseigne la terre et regarde le ciel, mais elle ne tient pas le même langage. Elle s'adresse a un autre auditoire, et si sa parole ne repose pas sur une autorité sacrée, sa liberté même lui donne plus d'ascendant sur les esprits ardents qui peuvent entraîner le siècle. Faire jaillir des progrès même de ce siècle cette unité de civilisation, de politique, de foi qui doit, tôt ou tard, anéan- tir la barbarie, le despotisme et les sectes ; relever en même temps le bien-être et le sens moral des peuples ; combler les abîmes de la société sans rabaisser ses hauteurs, c'est pour la tribune académique une noble et féconde mission. Elle s'y prépare par l'étude et la retraite. Elle éprouve aussi le besoin des contemplalions de la nature; c'est a elle surtout qu'il appartient de la sentir et de la peindre. Elle cherche le calme et l'élévation ; la nature les inspire.. La nature est un livre fermé pour les bruits du monde; la méditation et la solitude peuvent seules l'ouvrir. Je l'ai éprouvé bien des fois et c'est a une de ses scènes imposantes que j'ai dû autrefois la première pensée de ce discours. Un jour j'étais monté au sommet du couvent des Camal- dules qui domine le golfe de Naples et forme un des plus prestigieux observatoires de l'Europe. Je contemplais 'âmes pieds cette grande citéParthénopéenne étalant ses palais de marbre,ses villasd'orangers.ses terrasses orientales; ce golfe baignant de ses ravissants contours les poétiques limites de la civilisation grecque et de la civilisation latine; ce ciel d'Orient doucement perlé des vapeurs occiden- tales; cette terre riche à la fois des dons de toutes les patries; cette luxuriante variété de toutes les merveilles végétales,