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ALLOCUTION BU PRÉSIDENT. 185 fiance et le simple abandon des petits, mais je n'en sache pas de plus imposant, de plus capable d'entraîner les peuples et de toucher le coeur même de Dieu, que cet abaissement volontaire des grands et des forts, qui leur vaudra peut-être la rare faveur de raffermir la société qu'ils ont ébranlée et de guérir les blessures qu'ils ont faites. L'avenir ne faillira pas à cette espérance, car elle anime la jeunesse d'élite qui monte en ce moment sur la scène du monde, comme la maturité éprouvée qui s'apprête à en descendre. Elle palpite sous la toge comme sous l'uniforme, sous la robe sacerdotale comme sous les palmes universi- taires. Les Académies qu'on se plaisait à représenter comme les citadelles de l'indifférence religieuse , donnent elles- mêmes le signal du retour. Elles deviennent, pour la religion comme pour l'éloquence, de nobles rendez-vous. Le panégy- riste inspiré de la vierge d'Orléans, descend de sa chaire épiscopale pour payer sa dette a l'Académie française en élevant l'étude du dictionnaire à la hauteur de sa science et de sa parole. En même temps, d'illustres orateurs politiques écrivent des vies de saints , que les lettres revendiquent avec un juste orgueil, et l'Académie s'honore en les admet- tant, eux et leurs oeuvres, dans son sanctuaire. J'étais a l'étranger, et je n'oublierai jamais le sentiment mêlé d'admiration et de confiance qui saisit, autour de moi, les esprits élevés, quand nous lûmes, dans le compte-rendu d'une des plus célèbres séances de l'Académie française, ces énergiques paroles adressées par M. de Montalembert, à la Compagnie qui venait de l'admettre dans son sein : « Vous n'accorderez pas aux pygmées qui se disputent « aujourd'hui la dépouille de Voltaire, la connivence que « vous avez refusée au plus formidable esprit que le mal « ait jamais enfanté. » Et ces paroles non moins saisissantes encore de M. Guizot,