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ALLOCUTION DU PRÉSIDENT. 179
A Dieu ne plaise que la civilisation chrétienne donne
l'exemple de la provocation à la force ou le signal de la
violation des traités ! Le glaive seul l'a toujours mal servie,
elle ne grandit que par la loyauté, l'énergie et la sagesse.
Mais l'histoire a ses leçons, la Providence ses justices.
L'islamisme a débuté par des massacres et des incendies,
étouffé la liberté, enchaîné l'homme, dégradé la femme;
il a dédaigné de s'assimiler les vaincus, il rougirait de
s'assimiler aux vainqueurs. Déplorable mélange d'oppression
et d'anarchie, il n'épargne aucune faiblesse, ne résiste à au-
cune force et semble s'être imposé la triste loi de démentir
en tout l'immortelle devise du peuple romain: Parcere sub-
jectis et debellare superbm.
En vain l'Europe cherche par tous ses efforts à prolonger
une vie factice entre un fanatisme impuissant et une re-
naissance impossible, il sait lui-même qu'il ne vit que de la
difficulté de partager son héritage. On voudrait le fixer, il
veut garder sa tente; chaque jour est témoin de ses nou-
veaux excès. Qui sait si ses colères mal comprimées n'éclate-
ront pas toutà coup par quelque explosion terrible? Il voudra
mourir en barbare, ainsi qu'il a régné, et finira par lasser la
patience de l'Europe.
Ce jour là , l'islamisme aura vécu, l'heure de lever la tente
aura sonné ; le Coran aura disparu de l'Europe, il se réfu-
giera en Asie. Mais la civilisation ne l'y laissera pas long-
temps tranquille, elle le poursuivra de son impitoyable
lumière, elle dissipera pour toujours ses sanglantes ténèbres ;
elle ne frappera pas en vain a la porte de cet Orient d'où
sont sorties toutes les sciences et toutes les grandeurs de
la terre, qui entendit Homère, Démosthène et Platon, et vit
marcher les armées de Sésostris, de Cyrus et d'Alexandre.
Elle rendra la paix et la liberté à cette terre privilégiée, qui
fut le berceau du premier homme et le tombeau de l'homme-