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qui vient d'être définie, c'est-à -dire utiles au développement
de la prospérité matérielle de la France se rattachent à la
mécanique.
Les résultats immenses obtenus par ce genre de perfec-
tionnement n'ont pas besoin d'être prouvés ; personne n'o-
seraiten nier l'évidence. Mais quelques esprits timorés, jugeant
d'après les effets apparents sans rechercher les causes réelles,
se plaignent, de l'abondance même des bienfaits produits par
les merveilleuses inventions de la mécanique , et mani-
festent des craintes irréfléchies et sans motif sur l'avenir.
11 devient^ en effet, presque de mode maintenant de crier
contre l'invasion toujours croissante des machines et de les
montrer comme un torrent irrésistible et fatal qui menace
d'engloutir les populations ouvrières et de bouleverser la so-
ciété. Ces déclamations sont imprudentes et injustes : impru-
dentes, parce qu'elles suscitent des alarmes inutiles et dange-
reuses ; injustes, parce qu'elles ne sont basées sur aucun fait
réel, sur aucune raison solide, sur aucun danger social.
II.
Depuis le simple levier jusqu'à la locomotrice à vapeur,
depuis la plume à écrire et la pioche j usqu'à l'imprimerie et
à la charrue Granger, il y a eu un enchaînement successif de
perfectionnements mécaniques qui ont facilité le mouvement
delà civilisation, et agrandi le bien-être de l'humanité.
Les nations sur lesquelles ces perfectionnements n'ont pu
étendre leur salutaire influence sont restées ensevelies dans
les ténèbres de la barbarie et de l'ignorance. Il suffirait, pour
reconnaître l'exactitude de cette assertion, de comparer l'état
contemporain de l'Asie et de l'Afrique avec celui de l'Europe.
Cette comparaison fait, en effet, ressortir l'immense différence
qui existe entre ces deux grandes divisions du vieux monde.
Tandis que l'Europe, grâces aux développements immenses