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qui ait eu un conlre-scel d'une fleur de lis ; que le plus an-
cien sceau des comtes de Flandre où l'on voie des armoiries,
est celui de Robert le Frison , attaché à un acte de l'an 1072. Il
remarque encore, dans ce savant traité, que les armes par-
lantes, c'est-Ã dire celles qui expriment le surnom, ne sont
pas plus anciennes que l'usage des surnoms qui commença au
Xe siècle •, que le Dauphiné, par exemple , n'a eu ce nom et un
dauphin pour armes que longtemps après le XIe siècle ; que
le royaume de Naples n'a point d'autres armes que celles des
ducs d'Anjou , du sang royal de France , ses anciens rois ; que
c'est d'eux aussi que la Provence a une fleur de lis et unlambel,
et que l'un et l'autre ne les ont que depuis le XIIe siècle; que
le Portugal n'en a que depuis la bataille d'Ourique, qui se
donna au XIIe siècle , et que si la Navarre a des chaînes, et
qu'elle les ait reçues de Sanche le fort, elles sont du XIIIe
siècle (1). Le P. Menestrier convient que, de tout temps, il y a
eu des marques symboliques pour se distinguer dans les ar-
mées, et qu'on en a fait les ornements des boucliers, des
cottes d'armes et des habillements de tête, mais que ces mar-
ques symboliques n'ont point été dans ces premiers temps
des marques héréditaires de noblesse; et que c'est de cette
manière que le P. Petra-Sancta, qui rapporte l'origine des ar-
moiries aux temps héroïques qui ont commencé sous l'empire
des Assyriens , devront s'expliquer ; qu'ainsi, la colombe des
Assyriens, les devises des boucliers de ceux qui combatlirent
devant la ville de Thèbes , et dont Euripide fait un si beau
détail ; que les symboles que Valérius Flaccus donne aux
Argonautes doivent passer pour des marques symboliques,
et non pour de véritables armoiries, sans quoi, il faudrait
donner la même dénomination aux figures qui étaient sur les
boucliers de ceux qui allèrent au siège de Troie ; il renverse,
en un mot, l'opinion de Philostrate, de Xénophon et de
(1) «En ce pays-là , une cloison de fer se nornme una varra , ou comme
ils parlent na varra. « Journal des Savants, 1679, pag. 243.