Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                             100
vers les premiers jours d'août. Avant cette révolte,quelques
autres avaient éclaté à différentes reprises , surtout depuis
le règlement du 1 er octobre lySy, relatif à la manufacture
des étoffes de soie.Le prétexte de ces révoltes était toujours
une demande d'augmentation dans le prix des façons, et les
autres ouvriers de la ville,manquaient rarement de joindre
leurs réclamations à celles des ouvriers en soie, afin d'ob-
tenir une augmentation dans le prix de leurs journées.
   Notre mission n'est point de nous établir juge des dif-
férends survenus alors entre les ouvriers de nos fabriques
et les industriels qui les faisaient travailler; nous avons
seulement des faits à retracer, et nous remplirons notre
tâche avec le plus de soin possible. Or, voici comment
eut lieu la révolte de 1786, révolte dite des deux sous.
   Au commencement du mois d'août, l'archevêque de
Lyon, M. de Montazet, qui était en possession de faire
payer annuellement aux marchands devins en gros, ainsi
qu'aux cabaretiers de la ville, un droit sur la vente du
vin, demanda l'acquittement de ce droit et encore de tout
ce qui pouvait être dû pour arrérages. Ce droit, qu'on
nommait droit de harwin, était une modification de cet
ancien droit de banvin par lequel les vieux seigneurs
féodaux, pour écouler avec plus de facilité le vin de leurs
récoltes, interdisaient à leurs vassaux ou censitaires, pen-
dant la durée du mois d'août, la faculté de vendre leur
propre vin.
   Les cabaretiers et autres débitants refusant de satis-
faire à la demande de l'archevêque, fermèrent leurs éta-
blissements, et cette détermination obligea le Consulat de
rendre l'ordonnance suivante :
   « Du jeudi 3 août 1786 , en l'Hôtel commun de la ville
de L y o n , y étant: