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456 'LES PEINTRES-SCULPTEURS de Vinci, Michel-Ange, Vasari, Salvator et Girodet- Trioson, etc., on nous répondait que ces exceptions et mo- dèles étaient dangereux à suivre, et qu'il était imprudent de ne pas se confiner et fixer, toute sa vie, dans un art spé- cial, avec la ferme résolution de ne point sortir de ce cer- cle définitivement tracé pour n'importe quelle organisation richement douée. En vain, "répondions-nous qu'il était pourtant logique de se chercher, se connaître soi-même, de se démolir et reconstruire, à la manière de Descartes,'afind'exploiter tout ce que l'on pourrait découvrir dans sa propre nature in- tellectuelle et morale. C'est surtout dans le domaine des arts que la richesse des facultés diverses et identiques nous semblait commune à presque tous les tempéraments ro- bustes. Le but, qui est et doit être la recherche et l'expres- sion du Beau, offrait, pour sa conquête, tant d'instruments et de moyens analogues^ dans l'organisation de l'artiste, qu'il nous semblait fort difficile à ce dernier de choisir de suite sa voie, son instrument le plus en rapport avec son tempéramment. Mais si nous nous rappelions avec quelle douleur les A. de Musset et les T. Gautier avaient aban- donné la peinture pour la poésie, source intarissable de l'art, nous n'avions pas à nous en plaindre, car nous ne devions que retrouver chez ces poètes toute la magie de la couleur dont la peinture avait réchauffé leurs plumes. En prenant pour type une exception, il est vrai, le ro- buste Buonarotti, qui donne victoire à notre thèse, nous trouvions non-seulement, dans ses sonnets, la grâce de Pé- trarque à côté de la puissance et de la profondeur mystique du Dante, mais encore le reflet de la Divine Comédie illu- " minait « le Jugement Dernier. Et si, après l'architecte émule de Bramante, nous examinions attentivement le sculpteur et le peintre, nous trouvions ce colosse si puissant, si ex-