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ET LES SCULPTEURS-PEINTRES 457
traordinairement complet dans tous les arts familiers à son
génie, que nous le prenions pour la preuve exceptionnelle
et irréfutable de l'universalité possible aux artistes bien
doués. Aussi, sans développer tous les rapports naturels qui
rapprochent et unissent les mêmes facultés dans les arts
qui ont des moyens différents d'expression, mais qui, en
définitive, ont les mêmes claviers, les mêmes cordes et les
mêmes notes, et en étudiant spécialement ceux qui offrent
les analogies les plus intimes et se prêtent un appui réci-
proque: « la peinture et la sculpture, » il nous sera facile de
prouver que les vraies vocations se sont souvent déplacées.
II
Quoique le grand maître Hugo ait justement posé cet
axiome en un vers sublime :
« Au peintre la couleur, la forme au statuaire ! »
nous nous permettrons de compléter, en prose, les attribu-
tions et les principaux moyens de ces deux arts vraiment
jumeaux.
i° L'art de peindre, qui a des horizons plus larges que
celui de la sculpture, a logiquement plus de cordes à son
arc; car, indépendamment de la science du dessin et du
modelé, les deux solides et mêmes bases des deux arts, la
vraie peinture complète possède trois moyens indispensa-
bles : l'effet, ou le contraste des ombres et des lumières,
les plans et la couleur, sans lesquels le peintre, loin d'obéir
à son mandat, usurpe plutôt celui du sculpteur.
20 En effet, rigide dans ses moyens simples et restreints,
l'art de la statuaire n'a que la ligne, les proportions et le
modelé; et la vraie sculpture n'emploie que ces trois moyens
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