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                               BIBLIOGRAPHIE                                        485
scrupuleuse, une modestie rare avec des talents supérieurs le faisaient autant
aimer1 que ses ouvrages le faisaient admirer. »
   Sa principale qualité, au dire de M. Jouin, fut la sincérité dans le travail. Il
la puisa dans le culte de la nature. « Elle l'émeut et le pousse à parler sa
langue. Il s'attache à la vérité typique, sans cependant géne'raliser un portrait au
détriment du caractère individuel. Chaleureux, élevé, dans sa façon d'interpréter
la nature, il tempère en quelque sorte sa main, et jamais son ciseau ne connaît
l'emphase. »
   Est-ce donc là cet artiste que M. Arsène Houssaye1, dans son Histoire de
Fart français au dix-huitième siècle, prétend nous donner comme un simple
copiste de l'antique?
   « Telle est la loi, dit M. Jouin, les disciples exclusifs de l'antique ne sont que
d'inhabiles plagiaires. Fermer ses yeux devant la nature, abdiquer sur le seuil
de l'Acropole, douter de son époque, de son être, au point de ne demander au
marbre que des répliques amoindries, c'est se condamner à un labeur
vulgaire, à l'insuccès dans la servitude. Ainsi n'a pas fait Coysevox. »
   Le livre de M. Jouin, sur lequel nous ne pouvons insister plus longuement, est
un ouvrage intéressant et consciencieux, et nous applaudissons à la haute récom-
pense qui est venue le couronner. Il est accompagné d'un catalogue de l'œuvre de
Coysevox, de pièces justificatives et d'une table alphabétique qui facilitent beau-
coup les recherches. Nous signalerons plus particulièrement aux lecteurs lyon-
nais les pages consacrées à la Vierge qui se trouve dans l'église de Saint-Nizier,
et l'intéressante discussion relative à la date probable de cette statue.
   Une légère critique pour finir : elle ne vise pas M. Jouin. Pourquoi le papier-
employé pour ce volume n'est-il point de meilleur choix ? pourquoi n'avoir pas
 mis une couverture plus agréable à l'oeil dulecteur?       CHARLES L A V E N I R .


     LES TÉLÉGRAPHES ET LES POSTES PENDANT LA GUERRE DE 1870-1871,
      par M. F.-F. STEENACKERS, ancien député, ancien directeur général des
       télégraphes et des postes. — Paris. Charpentier, 1883. 1 vol. in-18 de 620
       pages. Prix : 3 fr. 50.

   L'ouvrage de M. Steenackers est véritablement le Livre d'Or de l'administra-
tion des postes et télégraphes • pendant la douloureuse période qui va du k sep-
tembre 1870 à la conclusion dé la paix avec l'Allemagne. Nous devons savoir gré
à l'auteur' de nous avoir fait connaître ces dévouements obscurs et malheureuse-
ment trop ignorés qui firent tant pour la défense de la patrie cruellement meur-
trie, de nous avoir dit les noms de ces hommes qui pour elle s'exposèrent à
tous les périls et dont plus d'un a trouvé la mort dans l'accomplissement de sa
généreuse mission. C'est là un chapitre de la défense du territoire qui demeurera
acquis à l'histoire. On lira aussi avec intérêt les curieux détails que donne
M. Steenackers sur les moyens qui furent alors employés pour mettre Paris

   1
     « M. Arsène Houssaye, clans ses peintures enjolivées du dix-septième et du dix-
huitième siècle, est loin d'être un historien, bien qu'il en ait ambitionné le tilre, bien
qu'il prétende avoir découvert toute une époque avant lui inconnue ou méconnue. »
(Godefroy, Histoire de la littérature française, 2e édit., XIXe siècle. Prosateurs
t. II).