Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
356                      LA REVUE LYONNAISE
ils ne fussent pas réduits à un revenu bien au-dessous du nécessaire, et que plu-
sieurs ne fussent pas obligés de s'absenter pour aller chercher, dans leur famille,
des secours que l'église leur refuse après l'avoir servi avec zèle.
   Les cardinaux de la Rochefoucaud et de Tencin, précédents abbés d'Ainay et,
par conséquent, fort au fait de l'état du Chapitre, avaient jugé qu'il était dans le
cas des marques de la protection de la cour et d'obtenir une union. Ils en firent
la demande au Roi et en obtinrent un agrément dont la mort de l'un et de l'autre,
dans moins d'une année fit évanouir l°s fruits. Ce sont des faits dont Monseigneur
l'évêque d'Orléans a eu connaissance et qui l'engagèrent après la mort de ces
Éminences à promettre au chapitre d'Ainay sa protection, même pour l'union
d'un bénéfice de nomination royale (de l'abbaye de Savigny), projet que des
circonstances particulières rendirent inutile. Il ne s'agit plus d'un bénéfice de
nomination royale, ni qui puisse tomber en régale, ni d'un bénéfice étranger au
diocèse de Lyon ou à l'abbaye d'Ainay. Dénuée de secours, la mère-église
 réclame l'assistance de sa propre fille; le chef-lieu demande l'union d'un bénéfice
 de sa dépendance et de son ancien patrimoine. Un chapitre noble invoque la
 protection que la cour et les supérieurs ecclésiastiques, à son exemple, ont tou-
 jours accordé à la noblesse. Il présente un plan naturel, équitable et utile. Les
 intérêts de M. l'abbé d'Ainay, principale partie, y sont conservés ; au lieu d'un
 bénéfice dont la collation est dépréciée par la régularité et conventualité et dont
 les grades induits, préventions et résignations, le priveront presque toujours; il
 sera indemnisé par l'augmentation du revenu des prébendes canoniales dont il est
 collateur, qui seront l'objet des recherches des familles les plus distinguées de la
 ville et des environs qu'il pourra obliger et dont, à cause de la noblesse qu'elles
 exigent, il est presque sans exemple que les grades ou prévention lui enlèvent la
  nomination.
   Monseigneur l'archevêque de Lyon y aura la satisfaction de voir l'entrer sous
sa juridiction une église qui, agrégée à Gluni, en était exempte. Il y aura, de
plus, l'avantage de voir améliorer des bénéfices qu'il confère, l'abbaye étant
vacante ; ainsi qu'il est arrivé dans la dernière vacance où il a conféré deux de
ces prébendes.
   L'ordre de Cluni n'y perd qu'une juridiction d'assez peu d'importance pour
espérer qu'il en fera volontiers le sacrifice à la raison du bien public ; d'ailleurs,
il en a été d'avance indemnisé par la cession qui lui a été faite de là juridiction
sur l'abbaye de Saint-Rambert en Bugey, lors de la sécularisation de l'abbaye
d'Ainay dont la demande comprenait le chef et les membres, et expressément
 Saint-Romain-le-Puy, à quoi l'ordre consentit sans réserve.