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LE COLONEL COiMBES 26 l
pourra se prévaloir, plus tard, d'un passé honorable, occu-
per une position administrative quelconque, et bénéficier
d'un oubli que l'indulgence de ses chefs semble préparer. »
Cette première lettre, si catégorique, fut bientôt suivie
d'une seconde plus détaillée, que nous reproduisons :
« Mon général,
« J'ai l'honneur de vous rendre compte que l'affaire de
Zola, ex-officier à la Légion, est terminée ; mais comme il
est indispensable que la conscience de M. le Maréchal,
ministre de la guerre, soit éclairée, je ferai une courte narra-
tion des faits.
« Au commencement du mois de mai dernier, la comp-
tabilité de l'habillement dont Zola était chargé se trouvait
en arrière et en désordre, ainsi que le magasin. M. le lieu-
tenant-colonel pressait Zola d'y remédier par un travail
assidu.
« A cette époque, le nommé Fischer, autrefois garde-
magasin d'habillement, obtint de se faire remplacer.
« C'était le ré mai, à 10 heures du soir, que les époux
Fischer devaient partir pour Naples sur un bâtiment mar-
chand corse. Ce jour, vers les 6 heures du soir, M. Zola dit
à un soldat qu'il allait se baigner à la mer, qu'il ne rentrera
pas de la nuit. Le lendemain, ses habits militaires furent
trouvés au bord de la mer, et l'on crut quelques instants
qu'il s'était noyé.
« M. le lieutenant-colonel conçut d'autres soupçons : on
apprit que la veille l'on avait apporté à Zola des vêtements
communs propres à se déguiser en homme du peuple. M. le
lieutenant-colonel courut à Alger, et s'étant assuré que le
bâtiment marchand sur lequel les époux Fischer avaient dû
N° 5. — Novembre 1S93. 19