Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                   JACQUES-JULES GRISARD                    239

•et de l'indifférence anti-artistique de ses riverains. Grisard
 avait recherché toutes les traces de ses anciennes construc-
 tions, et quand les travaux de M.-C. Guigue et de Léopbld
 Niepce attirèrent de nouveau l'attention sur les débris du
 vieux monastère, Grisard donna de ses monuments disparus
 ou mutilés un plan qui fait et fera autorité. Je lui dois per-
 sonnellement l'intelligente restauration de l'ancienne Pré-
 vôté, où vraisemblablement Claude Le Laboureur écrivit ses
 célèbres Masures. Que de fois nous avons évoqué ensemble
 les souvenirs de ce passé qui pendant tant de siècles a
 rayonné sur notre contrée ; avec quel soin pieux il recueillait
 les moindres épaves de ces âges lointains, les rares débris
  arrachés à la poussière des démolitions, fragments d'inscrip-
  tions, chapiteaux, pierres armoriées, sculptures romanes ou
 gothiques!
   Le vendredi 19 août, nous étions encore occupés à déci-
der de certains aménagements en vue de remettre en état
quelques restes de l'ancien cloître Notre-Dame, et il quit-
tait avec moi, pour ne plus les revoir, ces bords charmants
dont il avait fait pour ainsi dire sa chose, ces vieilles
murailles qui n'avaient pas de secrets pour lui.
   Il croyait s'y retrouver bientôt, mais quand il comprit
que la mort approchait, il accepta le sacrifice avec la pieuse
résignation qu'avait préparée en lui la ferveur de ses senti-
ments religieux; le 13 septembre, il rendait le dernier
soupir.
   Carrière trop courte, mais bien remplie ! Son œuvre
aurait été bien plus considérable s'il avait eu le temps de
coordonner les nombreux matériaux qu'il avait recueillis.
M. Steyert exprime le vœu qu'une main pieuse les
rassemble, les classe, les mette au jour. Nous nous asso-
cions volontiers à cette pensée, mais qui la réalisera ? Nous