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236 JACQUES-JULES GK1SARD
Avant d'atteindre l'unique survivant des Villeroy, la
tourmente s'était abattue sur leurs monuments funéraires
réunis dans cette église des Carmélites; dès le mois de
novembre 1792 l'œuvre des Richier et des Bidault était
anéantie. Grisard a eu soin d'en réimprimer les descriptions
laissées par Clapasson, mais aucune gravure, aucun dessin
ne nous en a conservé la silhouette, et c'est étrange, que
dans une grande ville où les Villeroy ont compté tant de
flatteurs, pas un crayon ne. se soit exercé sur ce sujet.
Si Grisard n'a rien trouvé, de nouvelles investigations
demeureront assurément sans résultat.
Avant de quitter' cette chapelle des Villeroy, donnons
une pensée à cette pieuse Madeleine-Eléonore, fille du second
maréchal de ce nom, qui a été pendant plusieurs années
prieure de la communauté. Elle y mourut aveugle en 1723,
sainte fille qui préféra la dure existence des cloîtres au rang
que sa haute naissance lui assurait dans le monde. Citons
encore Marie-Jeanne-Augustine de la Miséricorde, nom
qui cache celui d'une Madeleine repentante, Mmc Gauthier,
de la Comédie-Française, convertie à trente ans après une
ère de succès et de plaisirs qu'elle se plut à expier sous le
cilice. Enfin, n'oublions pas la derniète prieure, Anne Vial,
condamnée à mort et exécutée pour avoir avoué devant ses
juges qu'elle n'aimait pas la République et qu'elle ne regar-
dait pas Louis XVI comme un tyran !
1888 — Le vœu des Echevins de la Fille de Lyon en 164].
— Les Lyonnais ne sont pas tous à savoir la raison qui
donne lieu le 8 septembre de chaque année à des manifes-
tations traditionnelles de dévotion. En 16^3, le Prévôt des
marchands et les Echevins désireux d'appeler la protection
de la sainte Vierge sur notre ville qu'ils croyaient menacée
d'une nouvelle apparition de la peste, décidèrent l'érection