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DE NOTRE HISTOIRE MILITAIRE 20J « Tout autour de nous, il y a bien près de 70,000 Anglais, Français et Turcs (les Russes sont répartis un peu partout) et voyez comme tout cela est peu de chose de loin : de vraies taupinières. Et cette flotte que vous apercevez à peine vers le cap Chersonèse, et qui a pourtant 3,000 canons et qui s'appelle anglo-française, la plus sérieuse que les mers aient encore portée !... « Imaginez un peu les efforts et les fatigues de toute nature qui se font de jour et de nuit autour de cette grande ville de Sébastopol, et croyez-moi, ne dites pas, avant l'heure, que Sébastopol est pris. Ne diminuez en rien l'honneur extrême qu'il y aura à avoir terrassé ce géant barbare et furieux et à lui avoir mis la miséricorde à la gorge. « Canrobert a été accepté cordialement, et il l'était d'avance. Sa blessure était entre l'épaule gauche et le téton : un éclat d'obus qui avait frappé a. plat, sans déchirer, mais en machurant profondément les chairs. Il a beaucoup souffert à cheval. Il va très bien aujourd'hui ; il mérite bien toutes vos affections... Je me hasarde à penser que, dans peu de jours, il y aura des chances de donner un assaut. Si l'armée de secours venait avant, nous la battrions. » N'était-ce pas prophétiser, en quelque sorte, la bataille d'Inkermann? Elle eut lieu le 5 novembre, après la surprise des redoutes couvrant Balaklava (2.5 octobre), dont rend compte le colonel de Wimpffen. Le lendemain, 6 no- vembre, le colonel Cler écrit à Castellane : « Nous venons de livrer notre deuxième grande bataille. Hier matin, à la pointe du jour, les Russes, profitant de l'intensité du brouillard et surtout de l'arrivée d'un renfort de 40.000 hommes, se sont portés, en remontant la rive gauche de l'Akermack, sur le point le plus faible, le plus