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LA BATAILLE DE BRIGNAIS 363
avec Lyon. Je croirais plutôt que l'assiette du camp fut
établie sur un point plus rapproché de la petite ville qu'on
assiégeait, par exemple au niveau du cimetière actuel, car il
ne faut pas oublier qu'à cette époque, où l'artillerie de
siège n'était pas encore employée, il était de règle
de se placer très près des remparts qu'on cherchait à esca-
lader. Malheureusement le général en chef négligea de faire
garder les hauteurs qui entourent la plaine comme un vaste
demi-cercle, commençant vers les collines boisées du côté
d'Irigny, pour se continuer par le Mont Rond et le bois
Goyet, à l'est, jusqu'à la dernière élévation des Barolles, au
nord, se reliant aux collines de Janicu et du Bonnet dans
la direction de l'ouest (2).
Comme nous l'avons déjà dit, l'armée royale ne put
s'emparer de Brignais et M. Guigue nous montre,peu
avant la bataille le général en chef en discussion avec ses
soldats qu'il ne pouvait payer et qui le menaçaient de se
retirer. De plus, la correspondance des principaux officiers
de cette armée avec les préposés royaux demeurés à Dijon
nous montre qu'ils s'occupaient exclusivement du siège et
ne se doutaient pas de la possibilité d'une surprise (3).
Quand la deuxième portion de l'armée des Routiers, qui
s'était écartée pour le pillage, fut avertie du danger que
couraient les défenseurs de Briguais, elle se hâta de faire sa
(2) Récits de la guerre de Cent ans. Les Tard-Venus en Lyonnais, Fore%
et Beaujolais. — Lyon, 1886, in-8, p. 66.
(3) Cherest, loc. cit., pages 168 et 177. Indications prises dans les
archives de la Côte-d'Or. — Projets de siège. — Plusieurs lettres au
siège devant Brignais. — T. de Loray. — Mémoire cité. — Revue des
questions historiques, t. XXIX.