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I72 GUY DE CHAULIAC
quelque sorte de poste avancé pour Lyon, du côté du
sud-ouest. Il était défendu par un château assez important,
avec deux enceintes fortifiées. On y voyait encore, en
1379, deux tours qui sont mentionnées dans un devis de
réparations à faire cette année-là . Il y avait une autre tour
. et une barbacane pour défendre le vieux pont en face
duquel était le château. Enfin, il existait un fossé où l'on
pouvait faire pénétrer au besoin les eaux du Garon (15).
Comme partout ailleurs, le seigneur du lieu avait le droit
d'obliger les habitants de contribuer à l'entretien de la for-
teresse au moyen de la corvée. Mais le chanoine mansion-
naire que le bon Chapitre de Saint-Just y installait se montra
toujours peu exigeant sur ce point, si bien que le château
avait fini par tomber de vétusté.
Déjà en 1349, Henry de Montagny, avec quelques nobles
des terres de l'Empire, s'en était emparé et l'avait mis au
pillage per vint et violentiam inlraverat, ipsamque villam more
hoslili invaseral. Quelques mois seulement avant l'événe-
ment tragique dont nous allons parler, le Chapitre de Saint-
Just faisait visiter son château de Brignais ad videndum
reparationem (16), mais il était trop tard!
Pas plus que ses prédécesseurs, Guy de Chauliac, sur-
chargé de labeurs, toujours chevauchant sur la route de
Lyon à Avignon, n'avait songé à remédier à cet état de
choses et nous allons voir quelles en furent les consé-
quences.
La France était alors engagée dans cette guerre terrible
(15) Allut, loc. cit. Les Routiers, etc., pages 23 et 24.
(16) G. Guigue. Récits de la guerre de cent ans. Les Tard-Venus en
Lyonnais, etc., p. 11 et 44, et pièces justificatives, n" vu. Archives du
Rhône, fonds de Saint-Just.