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398                  HISTOIRE DE NANTUA.

   En considérant que la charte de Pépin-le-Bref confère un
privilège aux moines de Nantua, et en se reportant à tous les
faux commis par ces moines, l'on se sent d'abord entraîné
vers la pensée que cette charte pourrait bien être aussi
l'œuvre de quelque fraude. Mais à bien examiner cette pièce,
sa forme, ses dispositions, l'on reconnaît en elle tous les
caractères d'authenticité.
   La formule initiale Pipinus rex Francorum, la formule
finale gloriosissimi régis, enfin la formule m nomine Dei
recognivit du chancelier Badilo, dont notre diplôme écrit
le nom Bardillo, sont bien les formules les plus ordinaires
des diplômes de Pépin-le-Bref.
   Quant aux dispositions qu'elle renferme, ce sont tex-
tuellement les mêmes qui se rencontrent dans les immu-
nités de l'époque. En rapprochant le diplôme du 10 août 758,
 des formules de Marculfe, l'on trouve qu'il a été copié sur
l'une de ces formules, la troisième, relative a l'immunité
royale. Ce diplôme en reproduit les termes, sauf une seule
disposition essentielle, l'addition de ces mots/jue nous expli-
querons plus bas : Ayant sub dominalione noslrâ ; expres-
sions, suivant nous, qui déposent en faveur de la sincérité
du titre.
   Il est facile de juger de l'identité a la première inspec-
tion, en mettant, comme nous l'avons fait, en regard le
diplôme de Pépin avec la formule de Marculfe, laquelle
au besoin sert a rectifier divers mots du diplôme qui ont
été mal lus par Guichenon.
   M. Debombourg a donné la traduction seule du diplôme
du 10 août 758, sans y joindre le texte ; ce qu'il a du reste
également fait pour tous les autres titres de Nantua.
   Nous aimons peu la traduction des chartes, dont la con-
naissance approfondie ne peut sortir que du texte original,
sans cesse examiné et scruté dans toutes ses dispositions,