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LETTRE DE M. L'ABBÉ PASCAL. 32S
cependant la vallée du Rabutin, où les travaux de cette voie mi-
rent à découvert une grande quantité d'ossements humains. C'é
tait là justement que vint se briser contre les légions de César
le dernier effort de l'armée de secours. C'est de ce point que
Vercingétorix, avec les débris de la garnison d'Alise, remonta vers
la malheureuse cité, pour venir le lendemain jeter aux pieds d<
César, son glaive inpuissant. Or, MM. Quicherat, Desjardiris e t
autres, n'ont pas même fait la plus légère mention de cette décou-
verte qui pèse d'un grand poids dans la balance. Mais ne sait-on
pas qu'il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!
XII. Dans ce que M. le professeur du lycée Bonaparte nomme
un résumé, et qui n'est qu'un maladroit plaidoyer en faveur d'Alai-
se-lès-Salins, il a cru découvrir un moyen assuré de triomphe dans
un méchant quolibet à l'adresse des Bourguignons, qu'il appelle
les bonnes gens de la Bourgogne. Nous livrons cette amabilité aux
appréciations de tout écrivain qui se respecte, et qui respecte
ses lecteurs. D'autre part, un partisan de la cause d'Alaise-lès-
Salins, reproche aux défenseurs d'Alise, leur qualité de Bourgui-
gnons, et accuse leur plume d'un partial compatriotisme. Faudra -
t-il nécessairement avoir vu le jour à Carpentras ou à Quimper,
lorsqu'on se mêlera de traduire les Commentaires? C'est bien, je
pense, le cas de leur rappeler ce passage du poète romain :
Mutato nomine de te fabula narratur
car le reproche est formulé par un Franc-Comtois. Mais hâtons-
nous, comme le dit M. Rossignol, « de «ettre le feu à toutes ces
broussailles » .
XIII. Dans un long et savant article publié par la Revue des
Deux-Mondes, n° du I mai 1838, M. le duc d'Aumale, guidé seu-
lement par le texte de César et par les cartes de l'Etat-major, a
démontré invinciblement qu'il était impossible de fixer à Alaise-
lès-Salins, la ville assiégée par César. Tout ce qu'il y a d'hommes
compétents en France et à l'Etranger, a sympathisé avec l'auteur
de ce travail plein d'érudition et de critique de bon aloi. M 'Desjar-
dins n'avait qu'une réponse à y faire, et elle porte le caractère de
sa polémique habituelle. C'est que, selon lui, les cartes de l'État-
major ont induit le prince en erreur; elles ne sont pour lui que