page suivante »
À M. AUGUSTE BERNARD. 267
pour la mienne , une preuve de sentiment qui n'est point Ã
dédaigner. Revenons à M. de Boissieu.
J'avais, à propos de l'inscription dePriscianus, rappelé lejuge-
ment prononcé par M. Bernard sur la finale (LIAE), non pas que
je voulusse lui reprocher des erreurs reconnues, mais afin de le
mettre en garde contre ses dispositions peu bienveillantes. Il
me répond en attaquant M. de Boissieu. Il eût été, lui, bien
plus excusable, de chercher un sens plausible à ces lettres LIAE
que de supposer qu'on avait rempli ces lettres avec du ciment
tombé depuis. Mais qu'a donc fait M. de Boissieu ? « 11 restituait
ainsi les six. lettres de cette formule T R E S PU par titulus
reslitutus ex sententia provinciarum romanarum. » Je ne veux
pas accuser M. Bernard d'être de mauvaise foi, mais il aurait
dû citer le complément de la rectification qui est ainsi, « ou
plutôt très provinciœ re&litueruiit. Au reste, voici l'inscription
que M. de Boissieu avait à compléter.
C.CATVL
DECIMII
TVIICATVLLIl
TRICASSIN..OM
HONORIB.AP
OS FVNCT.SAC
AD TEMPL.ROM
AVGG. ï ï î . PROVG
T R
Caio Catullio Decimino Tuti Calulii filio Tricassino omnibus
honoribus apud suos functo sacerdoti ad templum Romœ et
Augustorum très provinciœ Galliœ.
D'où il est facile de conclure, que ce n'est point par ignorance
mais par logique, que M. de Boissieu aurait rendu TR par
Titulus Restitutus, puisque l'inscription lui donnait très prov.
Gall. Le devoir de l'épigraphiste , lorsqu'il rencontre une for-
mule nouvelle ou embarrassante, est de l'expliquer sans torturer
le texte, en la comparant et la rapprochant d'inscriptions analo-
gues, justifiant ainsi son interprétation par des exemples, car ce
n'est pas l'inscription qui doit se plier à l'idée ; de plus il ne lui
est pas permis de supposer ce qu'il ne voit pas, Ã moins de preuve
contraire. M. de Boissieu interprétait donc logiquement ces deux
lettres TR, par Titulus Reslitutus parce que rien ne démontrait
qu'elles fussent suivies par d'autres, et que d'ailleurs la formule
très provinciœ Galliœ étant dans le corps de l'inscription, il pou-
vait croire, avec quelque apparence de raison, qu'on ne l'avait
pas répétée au bas du monument.