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208                 DES AFFINITÉS DE LA. POÉSIE

achats, non pas seulement avec des produits exclusivement,
mais avec des espèces. De là encore, chez les Grecs ioniens,
des habitudes de spéculations qui, par les vues d'ensemble
qu'elles supposent, sont l'indice d'un commerce avancé,
quelque soit d'ailleurs le jugement qu'on en porte.
    Entre autres spéculations, l'histoire (1) a retenu celle du
philosophe Thaïes, de Milet, sur les huiles, et celle d'un
Sicilien qui accapara tous les fers disponibles dans les
forges de la Grèce, et força ainsi chaque marchand à venir
s'approvisionner chez lui.
    Enfin, les Athéniens mettaient les progrès de leur com-
merce à tel prix que Xenophon dans son petit traité des
Revenus sur l'Juique, proposait à ces concitoyens d'assi-
gner, dans les spectacles, une place d'honneur aux mar-
chands et aux capitaines de vaisseaux qui, par l'extension
donnée a leur négoce et l'accroissement de leur matériel
maritime, auraient le plus contribué a enrichir la République.
    N'exagérons rien cependant. Quelle qu'ait été l'aptitude
commerciale des Grecs, on ne saurait les égaler aux peuples
qui ont représenté, dans le monde, l'idée de navigation et de
trafic, et les comparer, à ce titre, aux Carthaginois et aux
Phéniciens, a ces derniers surtout. La mission d'Athènes
n'était pas, du reste, de manifester un seul côté de l'activité
humaine, mais l'essor et le développement bien réglé de
 cette activité dans les ordres les plus divers. Aussi, tandis
 que les Phéniciens à l'étroit dans la Méditerrannée, s'en
 allaient par delà les colonnes d'Hercule, chercher l'étain en
 Angleterre et l'ambre dans les mers du Nord (2), poussaient,
 au midi et a l'orient, par le golfe persique et le golfe ara-
 bique, jusqu'à l'Océan indien, à l'île de Ceylan dont ils tiraient

  (1) Cite par Arislotc, dans le livre I e r de la Politique.
  (?) St'tioioi'. Ilixlnirr ihi Comme/il'