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88 EMPLOI DES BIENS ECCLÉSIASTIQUES
cartulaire. La charte 483 , par exemple, commence ainsi:
« Sacrosanctse Dei ecclesise intra mœnia Matisconis fundatee
« in honore sanetae Dei Genitricis, sanctorumque martyrum
« Vincentii, Gervasii atque Protasii, beatorum quoque apos-
« tolorum Pétri et Bartholomœi dicatse.... »
Que sont devenus les actes publics confirmant ces fon-
dations primitives, et en particulier, l'acte qui constitua le
diocèse de Mâcon ? Tout a péri par le laps du temps et par
l'effet des révolutions qui ont, de siècle en siècle, éprouvé
le monde. Nous n'en trouvons aucune trace dans le cartu-
laire de Saint-Vincent, dont les pièces les plus anciennes ne
vont pas au-delà du VIIIe siècle. Seulement la charte II,
donne les noms des 32 premiers évêques de Mâcon. Mais
elle est incomplète, se terminant k Àymon qui est le 44e.
Ce catalogue commence k saint Nizier, qui n'est que le troi-
sième de nos évêques connus. Et encore saint Placide, le
premier dont le nom nous ait été transmis (1) et qui assista k
plusieurs conciles entre les années 530 et 551, peut avoir eu
plusieurs prédécesseurs, comme le soupçonnent Severt et les
auteurs du Gallia Christiana. II est donc rationnel de croire
que le siège de Mâcon remonte au IVe siècle de l'ère chré-
tienne ; et dans cette hypothèse, il est visible que Gontran en
aura été plutôt le restaurateur ou le bienfaiteur insigne que
le fondateur, de concert avec l'autorité pontificale.
L'abbé F. CUCHERAT.
(1) Gallia Christiana. p. 1059. — Notice chronologique des évêques
d'Autan, Ch&lon et Mâcon.
(La suite au prochain numéro).