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38                        ARCHÉOLOGIE.

   Egalement la syllabe TIS vue par Dulac se refuse à
représenter la finale d'un mol à l'accusatif, cas qu'exige
nécessairement le verbe restituerunt, à moins de sup-
poser une lacune de plusieurs mots.
   Sans vouloir parcourir le champ illimité des conjectu-
res à la recherche de toutes les hypothèses probables (1),
en voici une des plus simples. Dulac aura pris, chose
facile sur un teste fruste, un E pour un I , TES pour
TIS. De plus , le mot juventutis de la ligne précé-
dente pouvait être écrit abréviativement : IVVENT suivi
d'un point. Reste alors la lettre V, la première du mot
vias : Nias etporiîES. Déjà le savant chanoine M. Greppo
avait conjecturé le mot «m* dans les deux lettres V S (2).
   Mais que veulent dire ces mots vias et pontes? Pour-
quoi les rencontre-t-on si souvent sur les inscriptions au
lieu de vtam et pontes ou plus logiquement viam cum
pontibus? Sans doute le pluriel vias doit s'interpréter

   (1) liudus'/ Il manquerait la confirmation d'un second exem-
ple épigraphique :—Opus pontis comme sur une inscription au
nom de Trajan? Il faudrait alors supposer qu'il a existé un pont
à l'endroit où la colonne a été trouvée, et qu'à l'époque romaine
cette colonne était placée sur ce pont ou aux abords de ce pont.
En outre il manquerait la place du mot opus.—Arcus ou plutôt
arcuus désignant une série d'arcs pour supporter la route au-
dessus d'une vallée ou d'un lieu en dépression? Quelque éton-
nant que cela puisse sembler de la part des Romains qui, affec-
tant de conserver à leurs routes la ligne droite et le même niveau,
avaient quelquefois à traverser en exhaussement des vallées très-
profondes, il ne paraît pas qu'ils aient jamais suspendu ces routes
sur des viaducs percés d'arcs comme on le fait de nos jours. 11
n'est question dans Bergier que de chaussées pleines.
   (2) Etudes archéol. sur les eaux therin. de la Gaule, p. 78.