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74 LE VÉSUVE l'acide borrique. M. de Bueh fait remarquer que les émanations gazeuses des laves manifestent d'abord de l'acide chlorydrique, puis sulfureux quand l'action diminue, enfin carbonique lors- qu'elles sont refroidies, ce qui se continue pendant des siècles. La rapidité de leur marche dépend de l'inclinaison des lieux et de leur composition. Certains trachytes et diverses obsi- diennes s'arrêtent et se refroidissent proniptement ; les laves pierreuses, au contraire, restent fort longtemps fluides, quelque- fois plus de dix ans. Nous terminerons cette esquisse par le récit d'un des phéno- mènes les plus étonnants observés sur le Vésuve pendant les éruptions de ces dernières années. 11 s'agit de l'apparition, sur les scories arides et calcinées de cette montagne, de milliers d'insectes appartenant à plus de 40 espèces hyménoptères, diptères, aptères, coléoptères, hémip- tères, lépidoptères, que MM. Scacchi, professeur de minéralogie, etL.Palmieri, directeur de l'observatoire du Vésuve, ont signalés depuis 1855. Ces insectes groupés en nombre très-considérable, malgré la différence de leur nature., affectent, par une préférence inconce- vable et marquée, certaines fumerolles que leurs successeurs abandonnent l'année suivante, et semblent y être attirés fatale- ment , non pour y vivre et se reproduire, mais pour y mourir asphyxiés par les moufettes d'acide hydrochlorique et sulfureux. Déjà en 1826, M. le professeur Corta avait mentionné à l'Aca- mie royale des sciences de Naples, laquelle nomma une commis- sion ad hoc, la présence de certains insectes, au milieu des sables du cône du Vésuve, mais jamais dans de semblables con- ditions et quantité. C'est lui qui le premier, ce nous semblé, a cherché quelle influence pouvaient exercer les éruptions sur le monde organique , notamment sur les insectes, soit dans les parties vulcanisées, soit dans celles cultivées du Vésuve, lors- qu'elles sont envahies par les laves. Nous devons à la courtoisie de M. L. Palmievi une portion de ces insectes que nous avons rapportés en France, et que M. Perret, préparateur de la galerie zoologique de notre ville, a bien voulu